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La valse des oiseaux au printemps : ouvrez l’œil et tendez l’oreille !

La valse des oiseaux au printemps : ouvrez l’œil et tendez l’oreille !

C’est le printemps ! Le mois de mars est celui où tous se croisent : tandis que les hivernants quittent nos contrées pour retrouver celles du Grand Nord, les oiseaux nicheurs reviennent de leurs quartiers d’Afrique… Après un hiver passé « au chaud », tous ces oiseaux entreprennent leur trajet retour à l’arrivée des beaux jours. Un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, requérant une énergie folle et dont l’unique but est de donner la vie. Ouvrez l’œil et tendez l’oreille pour profiter du spectacle de la gente ailée !

Gorgebleue à miroir – Crédit : AEV / A. Lambrecht

De l’Île-de-France à l’Afrique en passant par la Russie : la valse des oiseaux

Les nicheurs

Oiseaux des buissons (fauvettes, gobemouches et rossignols…), des forêts (Loriots et engoulevents), des villes et des villages (martinets et hirondelles), adeptes des milieux ouverts (œdicnème criard) ou encore des roselières (Gorgebleue à miroir, rousserolles…)… Après un hiver passé entre l’Espagne, l’Afrique du Nord ou de l’Ouest, toute une palette d’espèces migratrices revient en France à l’arrivée du printemps pour se reproduire.

Parmi eux, l’œdicnème criard. Facilement reconnaissable à ses grands yeux à l’iris jaune citron, cette espèce vulnérable niche à même le sol ! Dans le cadre de ses missions de protection de la faune, l’AEV suit au jour le jour le périple d’un couple équipé d’émetteurs. Après deux voyages distincts et distants, l’un au Maroc, l’autre à Bayonne, ils se sont retrouvés directement et reprennent déjà leurs habitudes sur leur site de nidification du printemps dernier.

Les hivernants

Les hivernants posent leurs « bagages » dans nos contrées d’octobre à mars. Quittant la Russie ou l’est de l’Europe avant que l’hiver ne pointe le bout de son nez, de nombreuses espèces de limicoles (bécasses, bécassines et chevaliers), de canards et d’ardéidés, entament le grand voyage.

Parmi elles, le Butor étoilé, qui trouve refuge pendant la saison hivernale dans les grandes roselières, notamment celle de la Réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux, l’une des plus importantes d’Île-de-France !

Les habitats : pas de survie sans maison !

Espèce rare, menacée et protégée à l’échelle européenne, le Butor étoilé pâtit malheureusement de la disparition de son habitat de prédilection en France : les roselières. La situation de cette espèce, à l’instar de beaucoup d’autres (Bruant des roseaux, Tourterelle des bois…), pointe du doigt tout l’enjeu de préserver les habitats pour pouvoir préserver les espèces en elles-mêmes (Rapport UICN – Liste rouge des espèces menacées en France).

La population francilienne de Butor étoilé est estimée entre 15 et 25 individus[1]. Les roselières du Grand-Voyeux en accueillent chaque année 2 à 3 individus.

En forêt, la reproduction bat son plein

En forêt, le mois de mars correspond à la période de reproduction pour de nombreuses espèces : pics et chouettes sont déjà dans les nids, quand les petits passereaux commencent juste à construire le leur : rougegorge, pinson, troglodyte et accenteur chantent allègrement au bord des chemins, tendez l’oreille !

Troglodyte – Crédit : AEV / F. Chenel – L’Agence Nature

[1] Document d’objectifs du site Natura 2000 « Boucles de la Marne » – Agence des espaces verts de la Région Île-de-France – octobre 2010