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Des bois aux mares : des grenouilles qui migrent ?!

Des bois aux mares : des grenouilles qui migrent ?!

Depuis le début du mois de mars, grenouilles, crapauds et autres  amphibiens entament leur migration pour retrouver leur lieu de reproduction et pondre. Bien que moins impressionnante que celle des oiseaux qui parcourent des milliers de kilomètres dans l’unique but se reproduire, elle n’en demeure pas moins essentielle pour assurer la survie de ces espèces. Aux bords des mares, des fossés et des cours d’eau, ouvrez l’œil ! Vous discernerez peut-être ces chapelets d’œufs si caractéristiques de ces animaux.

Grenouille verte – Espace naturel régional du Bout du Monde
Crédit photo : AEV / F. Chenel – L’Agence Nature

De la végétation aux mares : une migration pleine de rebondissements

Les amphibiens ont cette particularité de mener leur existence entre eau (œufs et larves aquatiques) et terre (stades juvénile et adulte). Ce caractère amphibie leur impose de disposer de plusieurs types d’habitats pour accomplir leur cycle de vie : habitats de reproduction (mares, étangs…), d’alimentation, d’hivernage (boisements)… Et qui dit diversité d’habitats, dit déplacements… et donc migration.

Mares, étangs, fossés… pour rejoindre leurs sites de reproduction, ces animaux doivent quitter leur lieu d’hivernage et braver bien des obstacles pour y parvenir indemnes. Ces déplacements nocturnes, survenant après les pluies, peuvent être périlleux. La cause ? Le morcellement des espaces naturels, traversés notamment par des routes  qui font chaque année de nombreuses victimes chez les amphibiens, entre autres.  

Crapaudromes, Crapauducs… de quoi parlons-nous ?

Pour sauvegarder les amphibiens dont de nombreuses espèces sont protégées au niveau national, plusieurs dispositifs de sauvegarde et de recensement sont mis en place :

  • les crapauducs (dispositifs de traversée permanents) : tunnels reliant deux zones entre elles pour que ces animaux puissent circuler de l’une à l’autre, généralement en passant sous un obstacle (route, autoroute, mur ou voie ferrée).
  • les crapaudromes (dispositifs de traversée temporaires) : barrière en plastique tendues le long des routes pour empêcher les amphibiens de traverser et les diriger vers des seaux. Ces dispositifs nécessitent une main d’œuvre importante pour relever chaque matin les amphibiens tombés dans les seaux et les relâcher de l’autre côté de la route.
  • une plateforme participative de saisie des sites d’écrasements créée par l’Agence régionale pour la biodiversité en Île-de-France. Cette plateforme a permis de recenser plusieurs dizaines de lieux mais d’autres restent à découvrir… Accessible à tous, cet outil en ligne peut recueillir toute localisation de traversée d’amphibiens que vous observerez !

Les amphibiens comme bioindicateurs

Dernièrement revues à la hausse, les modalités de protection des amphibiens et des reptiles, mais aussi de leurs habitats, participent aujourd’hui à une préservation accrue des espèces concernées sur le territoire métropolitain. 

Les amphibiens constituent d’excellents indicateurs de la santé de notre environnement qui délivrent aux naturalistes de précieux renseignements sur l’état des milieux en général. Ces êtres vivants, ayant la singularité de respirer par la peau, sont en effet particulièrement sensibles à la pollution chimique. La densité et la diversité d’espèces d’amphibiens trouvées dans un même milieu attestent donc d’un écosystème en bon état !

Crapaud – Espace naturel régional du Moulin des Marais
Crédit : AEV / Hellio Van Ingen
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La valse des oiseaux au printemps : ouvrez l’œil et tendez l’oreille !

La valse des oiseaux au printemps : ouvrez l’œil et tendez l’oreille !

C’est le printemps ! Le mois de mars est celui où tous se croisent : tandis que les hivernants quittent nos contrées pour retrouver celles du Grand Nord, les oiseaux nicheurs reviennent de leurs quartiers d’Afrique… Après un hiver passé « au chaud », tous ces oiseaux entreprennent leur trajet retour à l’arrivée des beaux jours. Un voyage de plusieurs centaines de kilomètres, requérant une énergie folle et dont l’unique but est de donner la vie. Ouvrez l’œil et tendez l’oreille pour profiter du spectacle de la gente ailée !

Gorgebleue à miroir – Crédit : AEV / A. Lambrecht

De l’Île-de-France à l’Afrique en passant par la Russie : la valse des oiseaux

Les nicheurs

Oiseaux des buissons (fauvettes, gobemouches et rossignols…), des forêts (Loriots et engoulevents), des villes et des villages (martinets et hirondelles), adeptes des milieux ouverts (œdicnème criard) ou encore des roselières (Gorgebleue à miroir, rousserolles…)… Après un hiver passé entre l’Espagne, l’Afrique du Nord ou de l’Ouest, toute une palette d’espèces migratrices revient en France à l’arrivée du printemps pour se reproduire.

Parmi eux, l’œdicnème criard. Facilement reconnaissable à ses grands yeux à l’iris jaune citron, cette espèce vulnérable niche à même le sol ! Dans le cadre de ses missions de protection de la faune, l’AEV suit au jour le jour le périple d’un couple équipé d’émetteurs. Après deux voyages distincts et distants, l’un au Maroc, l’autre à Bayonne, ils se sont retrouvés directement et reprennent déjà leurs habitudes sur leur site de nidification du printemps dernier.

Les hivernants

Les hivernants posent leurs « bagages » dans nos contrées d’octobre à mars. Quittant la Russie ou l’est de l’Europe avant que l’hiver ne pointe le bout de son nez, de nombreuses espèces de limicoles (bécasses, bécassines et chevaliers), de canards et d’ardéidés, entament le grand voyage.

Parmi elles, le Butor étoilé, qui trouve refuge pendant la saison hivernale dans les grandes roselières, notamment celle de la Réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux, l’une des plus importantes d’Île-de-France !

Les habitats : pas de survie sans maison !

Espèce rare, menacée et protégée à l’échelle européenne, le Butor étoilé pâtit malheureusement de la disparition de son habitat de prédilection en France : les roselières. La situation de cette espèce, à l’instar de beaucoup d’autres (Bruant des roseaux, Tourterelle des bois…), pointe du doigt tout l’enjeu de préserver les habitats pour pouvoir préserver les espèces en elles-mêmes (Rapport UICN – Liste rouge des espèces menacées en France).

La population francilienne de Butor étoilé est estimée entre 15 et 25 individus[1]. Les roselières du Grand-Voyeux en accueillent chaque année 2 à 3 individus.

En forêt, la reproduction bat son plein

En forêt, le mois de mars correspond à la période de reproduction pour de nombreuses espèces : pics et chouettes sont déjà dans les nids, quand les petits passereaux commencent juste à construire le leur : rougegorge, pinson, troglodyte et accenteur chantent allègrement au bord des chemins, tendez l’oreille !

Troglodyte – Crédit : AEV / F. Chenel – L’Agence Nature

[1] Document d’objectifs du site Natura 2000 « Boucles de la Marne » – Agence des espaces verts de la Région Île-de-France – octobre 2010

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Coup de projecteur sur la biodiversité francilienne !

Coup de projecteur sur la biodiversité francilienne !

Les 19, 20 et 21 juin derniers au Palais des congrès Paris-Saclay à Massy, l’AEV a participé aux 9èmes Assises nationales de la Biodiversité, rendez-vous incontournable pour tous les professionnels du secteur. En tant que gestionnaire de sites naturels régionaux, l’AEV a partagé son expertise dédiée à la préservation de biodiversité et ses actions menées au sein de la région la plus peuplée de l’Hexagone !

Crédit photo : AEV / Hellio Van Ingen

Les Assises nationales de la Biodiversité, un évènement placé sous le signe de la mobilisation citoyenne

Ayant pour fil conducteur « Tous concernés, tous responsables », cet événement a fédéré élus, agents des collectivités, techniciens, gestionnaires d’espaces naturels, chercheurs, entrepreneurs, associatifs pour construire, débattre, s’informer, partager et répondre ensemble aux défis de la reconquête de la biodiversité.

Sur le stand de la Région Île-de-France, aux côtés de l’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Île-de-France, l’AEV a pu partager et échanger sur les spécificités franciliennes en matière de protection de la faune et la flore, en mettant en valeur quatre missions clés :

  • Agir en cohérence avec les territoires pour offrir des espaces naturels aux Franciliens ;
  • Préserver les espaces naturels, agricoles et forestiers en Île-de-France ;
  • Connaître et suivre la biodiversité des sites régionaux, restaurer et gérer les milieux ;
  • Faire découvrir la nature ordinaire et remarquable aux Franciliens.

À l’occasion de tables rondes, l’Agence des espaces verts (AEV) est plus particulièrement intervenue sur la relation entre la protection de la biodiversité et la maîtrise foncière, mais aussi sur les Zones de Protection Naturelle Agricole et Forestière (ZPNAF) et les enseignements de cette initiative francilienne.

Pour illustrer son expertise et ses actions sur le terrain, l’AEV a offert la possibilité aux participants des Assises de découvrir le Plateau de Saclay, lieu emblématique de l’agriculture francilienne. Agents de collectivités, scientifiques, particuliers… ils ont été nombreux à répondre à l’appel. Et pour cause : sur ce site comportant des terres agricoles parmi les plus fertiles d’Île-de-France – dont une partie a été acquise par l’AEV pour le compte de la Région -, l’enjeu de ce site est aujourd’hui de concilier développement de la ville et maintien des espaces naturels, agricoles et forestiers. Cette échappée a permis aux visiteurs d’échanger avec plusieurs exploitants du site sur leurs productions, mais aussi leurs engagements pour la ville de demain.

L’AEV au service du vivant et de l’accueil du public

Les Assises nationales de la Biodiversité, organisées pour la première fois en région parisienne, étaient une opportunité à ne pas manquer pour l’Agence des espaces verts. Malgré la densité de population la plus forte du pays, l’Île-de-France regorge de richesses écologiques : près de 1 500 espèces végétales et plus 500 espèces animales sont recensées sur le territoire régional [1] !

En Île-de-France plus qu’ailleurs, les espaces naturels, agricoles et forestiers, véritables réserves de biodiversité, doivent être protégés pour faire face à diverses pressions : l’urbanisation, induisant le grignotage et le morcellement de ces espaces ; la banalisation des milieux naturels ; la propagation d’espèces invasives…

La préservation de ces milieux et des espèces y ayant trouvé refuge est donc devenue un enjeu majeur.  Et parce qu’ils constituent aussi des espaces de respiration essentiels à l’amélioration de la qualité de vie des Franciliens (plus de 4 millions d’entre eux sont carencés en espaces verts), l’AEV concilie chaque jour préservation de la biodiversité et ouverture au public.

Un équilibre juste entre préservation du vivant et accessibilité de ces espaces au plus grand nombre.


[1] http://www.arb-idf.fr/sites/arb-idf/files/document/ressources/chiffres-clefs-la-biodiversite-en-ile-de-france.pdf