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La Région Île-de-France crée ÎLE-DE-FRANCE NATURE

La Région Île-de-France crée ÎLE-DE-FRANCE NATURE

Depuis 2016, la Région Île-de-France est pleinement engagée dans la lutte contre le changement climatique. Il y a un mois, la Région présentait son « Plan d’adaptation au changement climatique » (PRACC) pour préparer le territoire francilien aux évolutions tendancielles du climat et le protéger des aléas climatiques extrêmes. Un aspect essentiel de cette adaptation passe par une forte stratégie de renaturation du territoire. La création d’Île‑de‑France Nature concrétise cette stratégie et ses objectifs. Île-de-France Nature reprend donc – et de façon renforcée et élargie – toutes les prérogatives de l’Agence des espaces verts (AEV). Ainsi, elle poursuivra le travail mené historiquement par l’AEV dont la mise en œuvre du Plan vert, un outil au cœur des enjeux de renaturation. Afin de commencer le travail opérationnel et faire émerger les projets rapidement, Île-de-France Nature lance dans la foulée de sa création un appel à manifestation d’intérêt.

Le Bois Saint-Martin© Jean-Louis Aubert 2022

ÎLE-DE-FRANCE NATURE, un outil au service de la renaturation

Les impacts du changement climatique sont déjà visibles sur le territoire francilien : problématiques sur la santé des populations lors de chaleurs extrêmes, perturbation du cycle de l’eau avec des évènements plus fréquents et plus intenses de sécheresse et d’inondations, fragilisation des espaces naturels et de la biodiversité, en particulier des forêts…

Les enjeux de renaturation sont au cœur de ces actions :

  • Protéger et requalifier 1 000 ha de friches urbaines d’ici 2025 et le double à l’horizon 2030,
  • Gérer les eaux pluviales à la source et désimperméabiliser 5 000 ha d’ici 2030,
  • Résorber 35 points noirs prioritaires de la trame verte identifiée à l’échelle régionale,
  • Accompagner la plantation et le maintien de 2 millions d’arbres à l’horizon 2030 sur le territoire francilien grâce aux dispositifs régionaux,
  • Soutenir les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les îlots de chaleur,
  • Créer un fonds francilien de 1 million d’euros pour soutenir l’adaptation des forêts au changement climatique et leur repeuplement.

L’Agence des espaces verts (AEV) devient ÎLE-DE-FRANCE NATURE

Île-de-France Nature est donc une agence aux moyens renforcés pour agir sur son nouveau périmètre au service de la préservation du patrimoine naturel et du cadre de vie des Franciliens. Cette nouvelle agence doit ainsi devenir l’acteur incontournable des questions de nature à l’échelle de l’Île‑de‑France et pour l’accompagnement des collectivités locales sur l’ingénierie et la réalisation de projets de valorisation d’espaces verts, agricoles naturels et forestiers. Elle travaillera en amont, main dans la main avec l’Agence régionale de la biodiversité (ARB) et l’Institut Paris Region et les services de la Région pour aller au contact des maires, les sensibiliser au potentiel de leur territoire en matière de renaturation et les aider à concevoir et réaliser leurs projets. Pour ce faire, la Commission permanente du 10 novembre 2022 lui a attribué une dotation exceptionnelle de 10 M€ pour accompagner les villes. Dans le cadre du projet européen « Regreen », l’Agence régionale de la biodiversité a établi une carte des zones à enjeu c’est-à-dire carencées en espaces verts, stratégiques pour les continuités écologiques ou encore sujettes au phénomène des îlots de chaleur.

ÎLE-DE-FRANCE NATURE, un outil au service des communes

Grâce à ses moyens renforcés, elle aura la capacité d’aller au contact des maires pour valoriser les potentiels de leur territoire et les aider à structurer leurs projets. Île-de-France Nature leur proposera un accompagnement afin de planifier toutes les étapes nécessaires pour mener à bien leurs projets :

  • Diagnostics et études techniques préalables,
  • Étapes réglementaires,
  • Concertation et communication,
  • Maîtrise d’œuvre de conception,
  • Travaux et gestions de l’aménagement, etc.

Un appel à manifestation d’intérêt

Sans tarder, Île-de-France Nature lance un appel à manifestation d’intérêt permettant aux communes retenues de bénéficier d’un financement de leurs études pré‑opérationnelles et du soutien régional à la réalisation de leurs projets. Il s’agit donc d’identifier dès maintenant les projets prêts à émerger et commencer directement le travail de conception des aménagements à réaliser.
Île-de-France Nature répond à une forte attente des acteurs et des collectivités au regard d’une meilleure coordination des décideurs publics. Longtemps relégué à une ornementation dans les espaces urbains, il est nécessaire de réapprendre à voir dans le vivant, qu’il soit végétal ou animal, un aspect essentiel de la politique de la ville. C’est là tout le cœur de la stratégie de renaturation de la Région Île‑de‑France qui sera mise en œuvre par Île-de-France Nature.

Téléchargez l’appel à manifestation d’intérêt : « Retour de la Nature en Ville »

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Découvrir l’Espace naturel régional du Moulin des Marais

Découvrir l’Espace naturel régional du Moulin des Marais

Dans le cadre d’un ambitieux projet de valorisation patrimoniale et d’accueil du public, l’Agence des espaces verts de la Région Île-de-France a aménagé le Bois Nord de l’espace naturel régional du Moulin des Marais. L’objectif ? Permettre l’accès du public à la pépite verte de Mitry-Mory et renforcer le lien et les connexions de cet espace de nature avec la ville et les quartiers résidentiels à proximité. Inaugurés en septembre 2022, ces aménagements sont la première séquence d’un plus vaste projet visant à établir de nouvelles liaisons avec les espaces naturels environnants et ainsi créer des continuités à l’échelle régionale.

Le canal de l’Ourcq © Jean-Louis Aubert 2022

Bienvenue au Moulin des Marais

L’Espace naturel sensible du Moulin des Marais est l’ultime vestige de l’un des plus vastes marécages d’Île-de-France au XVIIIe siècle. Situé au fond du vallon de la Reneuse d’où coule un petit affluent de la Beuvronne, près de la Marne, il est sillonné par le rû des Cerceaux. Au XIXe siècle, la construction du canal de l’Ourcq, qui traverse le site, en transforme profondément le fonctionnement.

Reconnu pour la richesse de ses milieux, abritant de fait une belle diversité d’espèces animales, le Moulin des Marais présente un potentiel biologique important en symbiose avec la présence de l’eau. Il joue un rôle de refuge pour les espèces des milieux humides et des milieux boisés dans un contexte urbain et agricole.

Le périmètre régional d’intervention foncière du Moulin des Marais

Sur cet espace de 280 hectares, classé Espace naturel régional sensible (ENS), l’Agence des espaces verts agit depuis 1992 pour restaurer et valoriser les différents milieux humides, améliorer l’accessibilité du site et établir de nouvelles liaisons avec les espaces naturels environnants.

Traversé par la voie ferrée de la ligne TGV, le site a pour singularité d’être séparé en deux entités distinctes.

  • Au Nord, des boisements typiques des milieux humides, en partie acquis.
  • Au Sud, le long de la berge Nord du canal de l’Ourcq, une ancienne tourbière, en partie plantée de peupliers, fait l’objet d’études et d’interventions ponctuelles qui visent à restaurer le milieu naturel d’origine.
Les premières séquences d’aménagement

Le bois Nord, porte du boisement vers Mitry-Mory

Les aménagements au Nord ont permis l’ouverture au public d’un bois de 3,5 hectares et de renforcer ainsi le lien avec la ville en créant une entrée principale ouverte sur Mitry-Mory et en créant des chemins transversaux permettant de connecter l’espace naturel au tissu urbain avoisinant. Un nouveau portail marque le seuil du bois et une allée centrale est créée pour faire revivre l’axe historique qui servait autrefois d’accès. Le promeneur peut ainsi découvrir, à l’ombre des aubépines, le mystérieux «menhir» et profiter de ce site surprenant, avec ses affleurements d’eau et ses anciens alignements d’arbres.

Les aménagements du Bois Nord

Un espace naturel sensible

L’espace naturel du Moulin des Marais est composé d’un ensemble de milieux enclavés dans des secteurs urbanisés ou agricoles. Le caractère humide de ces espaces en font la richesse mais aussi la vulnérabilité. La pollution des nappes et des rivières est sa principale fragilité. Le site exige aussi de rester vigilant sur son évolution naturelle vers un nombre réduit de végétations diversifiées, les dégradations d’origine anthropique (telles les plantations de peupliers), les effets de l’urbanisation et des infrastructures de transport. Face à ces perturbations, l’Agence des espaces verts œuvre à une stratégie de gestion active tenant compte de tous les enjeux écologiques du site.

Enfin, le réchauffement climatique agit aussi directement sur l’évolution des milieux et des peuplements forestiers. Les arbres, plus vulnérables, subissent les maladies. D’une année sur l’autre, la chalarose du frêne entraîne des interventions d’abattage et de mise en sécurité et par conséquent une modification du peuplement. Pour répondre à ce dépérissement et pour assurer un bon renouvellement des espaces forestiers, l’Agence des espaces verts œuvre, par des mesures compensatoires, à l’enrichissement des parcelles touchées.

L’Arc Boisé Marne Nord

L’Agence des espaces verts travaille à la création de grandes liaisons au niveau régional pour mettre différents espaces naturels en relation. Elle souhaite développer la mise en réseau du site du Moulin des Marais avec le canal de l’Ourcq, la Forêt régionale de Claye-Souilly et la Promenade de la Dhuis afin de faciliter les déplacements doux entre ces sites. Cette ambition implique d’utiliser au mieux le réseau existant, de tenir compte des infrastructures qui fragmentent ces espaces, de permettre le franchissement de celles-ci et et d’envisager à long terme de nouveaux ouvrages. À l’échelle régionale, ces perspectives ouvrent de nouvelles possibilités pour développer des chemins de grandes randonnées dits de gare à gare.

L’Arc boisé Marne Nord

Pour approfondir le sujet : feuilletez la plaquette «Grand projet»

 

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Cueillette printanière : les bonnes pratiques

Cueillette printanière : les bonnes pratiques

Alors que les rayons du soleil réchauffent peu à peu le sol, leurs fleurs en trompette sonnent l’arrivée du printemps et marquent le retour à la vie. Les jonquilles des bois éclosent à l’unisson et leur couleur jaune-soleil colonise les sous-bois. Un spectacle dont on ne se lasse pas ! Si la cueillette fait la joie des promeneurs, il faut garder à l’esprit que la floraison des jonquilles des bois ne dure que 2 mois, entre mars et avril, et que plusieurs milliers de visiteurs fréquentent chaque année les forêts régionales. Pour préserver l’équilibre de ces espaces naturels et que le plaisir des yeux reste intact d’année en année, il est primordial que tous les usagers se passent les bons mots.

Pour une cueillette responsable : 

  • Assurez-vous d’avoir l’autorisation du propriétaire forestier (public comme privé). Sur les espaces naturels régionaux, la cueillette des fleurs non protégées est tolérée mais ne peut excéder ce qu’une main peut contenir ;
  • Identifiez la plante avec certitude pour être certain qu’il ne s’agit pas d’une plante protégée, dont la cueillette est bien sûr strictement interdite ;
  • Cueillez délicatement, sans arracher les racines, et avec parcimonie ! *
  • Ne cueillez jamais dans les parcs et dans les aires protégées ;
  • Évitez la cueillette là où les plantes sont en trop petit nombre ;
  • Protégez vous des tiques en allant en forêt.

N’oubliez pas : les fleurs ont besoin, pour se reproduire, que l’on respecte leur équilibre en nombre dans l’environnement et toutes les plantes, même les plus communes, ont leur importance dans l’écosystème !

Pour le bien-être de tous les usagers de la forêt, nous vous rappelons quelques gestes simples, faciles à adopter : 

  • Tenez votre chien en laisse ;
  • Repartez avec vos déchets ;
  • Restez sur les chemins balisés ;
  • Pratiquez les sports motorisés ailleurs qu’en forêt.

Nous vous souhaitons de belles balades !

* Attention : il faut savoir que la cueillette excessive est sanctionnée par le code forestier

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Biodiversité Nature

Des Œdicnèmes criards équipés de balises GPS

Des Œdicnèmes criards équipés de balises GPS

La France accueille 21% des effectifs européens d’œdicnème criard. L’espèce étant en déclin, un projet national collaboratif, auquel participe l’Agence des espaces verts, vise à initier une campagne de suivi à grande échelle. Pour ce faire, certains oiseaux embarquent sur leur dos de petites balises GPS. Les précieuses données obtenues sont encore à l’étude mais les premières observations sont déjà surprenantes.

Pourquoi suivre l’œdicnème criard ?

L’œdicnème criard est un oiseau migrateur nichant partout en Europe et jusqu’en Asie centrale. C’est un oiseau nocturne, très discret en journée, et donc peu observé et mal connu. Il occupe néanmoins nos espaces agricoles, et comme tous les oiseaux des plaines cultivées, sa population décline fortement. Si la baisse des ressources alimentaires et la réduction de ses habitats peuvent expliquer en partie ce phénomène, nous devons reconnaître ne pas tout savoir. D’un réel intérêt scientifique, le suivi à long-terme de l’espèce profitera autant à préserver l’espèce qu’à valoriser le patrimoine environnemental sur lequel opèrent au quotidien tous les acteurs des espaces naturels.

L’intérêt du GPS

Les oiseaux sont équipés d’un GPS de type « sac à dos » pesant moins de 3% de leur  poids. Cet outil permet de nombreuses mesures telles que les déplacements de l’oiseau, sa vitesse, l’orientation de son corps, son accélération, etc.

Plus concrètement, les mesures GPS permettent d’étudier précisément :

  • Les migrations (dates, trajets, performances, distances parcourues, vitesse).
  • L’occupation des espaces (territoires de reproduction, de repos en journée, d’alimentation, de rassemblements et d’hivernage)
  • La reproduction
  • La détection d’activité et la mortalité
  • Le comportement de l’animal et son rythme au quotidien

De l’Île-de-France au Maroc

A35 est une femelle. Elle est le premier oiseau équipé en 2020 d’un GPS sur le dos. Sa migration est donc mesurée avec précision. Le 7 octobre 2020, elle quitte l’Île-de-France pour un long voyage vers le sud. Elle ne vole que de nuit et trouve à franchir les Pyrénées à 2 500 m d’altitude. Sa vitesse de pointe est mesurée à 124 km/h. En 5 jours et après 2 000 kilomètres parcourus, elle trouve au Maroc son lieu de résidence hivernal qu’elle occupe quatre mois et demi durant. Au printemps suivant, elle remonte selon une trajectoire sensiblement différente mais retrouve très exactement son lieu de nidification initial. Des données extrêmement précises, qui permettent de mieux comprendre  le maillage entre les  différents territoires de l’oiseau,  connectés entre eux (territoires prénuptial, de reproduction , postnuptial, d’hivernage, de regroupement, de nidification, de repos diurne et d’alimentation nocturne).

Une étude au long court pour l’avenir de l’espèce

Un couple d’Œdicnème pourrait-il se maintenir si un seul maillon de son espace vital venait à manquer ? Dans l’intérêt de l’espèce, et pour que l’aménagement du territoire et les pratiques agricoles puissent affiner leur rôle à l’égard de la biodiversité, le Programme se poursuit. Aujourd’hui, treize oiseaux sont bagués et dix sont équipés d’un GPS (en priorité les couples). Cinq émetteurs supplémentaires seront posés en 2022 pour prolonger l’étude et approfondir la connaissance de cette espèce menacée. A35, quant à elle, se prélasse encore  au Maroc. Elle devrait remonter vers l’Île-de-France d’ici deux à trois semaines. A suivre sur les réseaux sociaux !

Pour en savoir plus :
Le programme National de suivi de l’Oedicnème criard Burhinus oedicnemus : https://www.oedicneme-criard.ovh/

Étude initiée par Gérard BAUDOIN et Sophie COSTE-DURIEUX
Avec le centre d’études biologiques de Chizé, l’ Association pour la sauvegarde de l’environnement d’ Épône, Natura 2000, l’Agence des espaces verts, Le Muséum d’histoire naturelle.

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Eco-pâturage : arrivée de 3 ânes en Forêt régionale de Saint-Vrain !

Eco-pâturage : arrivée de 3 ânes en Forêt régionale de Saint-Vrain !

Trois ânes gris viennent de s’installer en Forêt régionale de Saint-Vrain (91) ! Leur mission ? Pâturer. Jusqu’à la fin de l’été, vous pourrez les observer brouter l’herbe située sous les lignes électriques Haute Tension traversant la forêt. Le but ? Réaliser, en partenariat avec éleveur local, un entretien écologique du site en évitant le recours aux engins mécaniques et préserver ainsi la biodiversité du site.

! Attention ! Pour le plaisir de tous, les propriétaires de chiens sont invités à garder leurs animaux en laisse, afin d’éviter toute attaque ou stress des ânes.

Crédit photo : AEV / S. Nicolas

Un moyen écologique d’entretenir la végétation

La Forêt régionale de Saint-Vrain est traversée par des lignes électriques Haute Tension gérées par le Réseau de Transport de l’Electricité en France (RTE).

Sous ces ouvrages, RTE intervient régulièrement pour entretenir la végétation située sous ces lignes électriques et prévenir tout risque d’accident (endommagement des ouvrages, court-circuit, chutes des câbles, etc.).

Eleveur local – RTE – AEV : un partenariat qui a du sens

La plupart du temps, ce type d’’intervention consiste en un débroussaillage mécanique intensif, à l’aide d’un gyrobroyeur. Mais cette technique n’est pas sans conséquences sur la biodiversité du site : tassement et assèchement du sol, destruction de la faune et de la flore, etc.

Pour limiter cet impact, une alternative a pu être trouvée par l’AEV et RTE sur une parcelle située à l’ouest du massif, à proximité du Bois de la Boucherie, en partenariat avec un éleveur local. Il s’agit de l’éco-pâturage.

Dans le cadre d’une convention tripartite, RTE finance les travaux préalables (broyage des surfaces de pâturage et installation des clôtures) et l’AEV met à disposition de l’éleveur une parcelle de 7,2 hectares à des fins d’entretien par action de pâturage.

Un partenariat qui a du sens.

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Biodiversité

Oiseaux et amphibiens : le chassé-croisé printanier

Oiseaux et amphibiens : le chassé-croisé printanier

Grenouille verte – Espace naturel régional du Bout du Monde
Crédit photo : AEV / F. Chenel – L’Agence Nature
Gorgebleue à miroir – Crédit : AEV / A. Lambrecht

Le printemps est la saison où tous se croisent : tandis que les hivernants quittent nos contrées pour retrouver celles du Grand Nord, les oiseaux nicheurs reviennent de leurs quartiers d’Afrique…. Et les amphibiens ne sont pas en reste ! Dans un élan inné, grenouilles et crapauds entament leur migration pour retrouver leur lieu de reproduction et pondre. Un voyage requérant beaucoup d’énergie et dont l’unique but est de donner la vie ! Dans ce vaste chassé-croisé printanier, ouvrez l’œil et tendez l’oreille, le spectacle de la nature s’offre à vous !

De l’Île-de-France à l’Afrique ou la Russie,  la valse des oiseaux

Oiseaux des buissons (Fauvettes, Gobemouches et Rossignols…), des forêts (Loriots et Engoulevents), des villes et des villages (Martinets et Hirondelles) ou encore des roselières (Gorgebleues à miroir, Rousserolles…) tous sont de retour ! Après un hiver passé en Espagne, Afrique du Nord ou de l’Ouest, des espèces migratrices sont revenues en France à l’arrivée du printemps pour se reproduire. Parmi eux, l’Œdicnème criard. Facilement reconnaissable à ses grands yeux à l’iris jaune citron, cette espèce vulnérable niche à même le sol ! Dans le cadre de ses actions pour la protection de la faune, l’AEV suit au jour le jour le périple d’un couple équipé d’émetteurs. Après deux voyages distincts, l’un au Maroc, l’autre à Bayonne, ils se sont retrouvés et reprennent déjà leurs habitudes sur leur site de nidification du printemps dernier sur le site Natura 2000 des Boucles de Moisson, Guernes et de la forêt de Rosny.

Les hivernants, quant à eux, prennent leurs quartiers d’hiver dans nos contrées d’octobre à mars. Quittant la Russie ou l’Europe de l’Est avant l’arrivée du froid glacial, de nombreuses espèces de limicoles (bécasses, bécassines et chevaliers), de canards et d’ardéidés, réalisent en ce moment même le grand voyage en sens inverse. Parmi elles, le Butor étoilé, qui trouve refuge pendant la saison hivernale dans les grandes roselières, notamment celle de la Réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux, l’une des plus importantes d’Île-de-France !

Des bois aux mares : une migration pleine de rebondissements pour les grenouilles

Depuis le mois de mars, grenouilles, crapauds et autres amphibiens entament leur migration pour retrouver leur lieu de reproduction et pondre. Bien que moins impressionnante que celle des oiseaux qui parcourent des milliers de kilomètres dans l’unique but de se reproduire, elle n’en demeure pas moins essentielle pour assurer la survie de ces espèces. Aux bords des mares, des fossés et des cours d’eau, ouvrez l’œil ! Vous discernerez peut-être ces chapelets d’œufs si caractéristiques de ces animaux. Les amphibiens ont en effet cette particularité de mener leur existence entre eau (œufs et têtards) et terre (stades juvénile et adulte). Ce caractère amphibie leur impose de disposer de plusieurs types d’habitats pour accomplir leur cycle de vie : habitats de reproduction (mares, étangs…), d’alimentation et d’hivernage (boisements). Qui dit diversité d’habitats, dit déplacements… et donc migration.

Pour rejoindre leurs sites de reproduction, ces animaux doivent quitter leur lieu d’hivernage et braver bien des obstacles pour y parvenir indemnes. Ces déplacements nocturnes, survenant après les pluies, peuvent être périlleux. La cause ? Le morcellement des espaces naturels, traversés notamment par des routes qui font chaque année de nombreuses victimes chez les amphibiens. Une plateforme participative de saisie des sites d’écrasements créée par l’Agence régionale pour la biodiversité en Île-de-France a permis de recenser plusieurs sites sensibles et d’envisager l’installation de crapauducs ou de crapaudromes.

Les suivis des oiseaux et des amphibiens constituent d’excellents indicateurs de la santé de notre environnement. Leur densité et leur diversité fournissent aux naturalistes de précieux renseignements sur l’état des milieux en général, raison pour laquelle l’AEV mène des études régulières sur les sites dont elle a la gestion. Cette connaissance fine de la biodiversité guide les choix d’aménagement, de gestion, de fréquentation et d’usage des espaces naturels, avec un enjeu de préservation des habitats favorisant directement la préservation des espèces elles-mêmes.

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Coup de projecteur sur la biodiversité francilienne !

Coup de projecteur sur la biodiversité francilienne !

Les 19, 20 et 21 juin derniers au Palais des congrès Paris-Saclay à Massy, l’AEV a participé aux 9èmes Assises nationales de la Biodiversité, rendez-vous incontournable pour tous les professionnels du secteur. En tant que gestionnaire de sites naturels régionaux, l’AEV a partagé son expertise dédiée à la préservation de biodiversité et ses actions menées au sein de la région la plus peuplée de l’Hexagone !

Crédit photo : AEV / Hellio Van Ingen

Les Assises nationales de la Biodiversité, un évènement placé sous le signe de la mobilisation citoyenne

Ayant pour fil conducteur « Tous concernés, tous responsables », cet événement a fédéré élus, agents des collectivités, techniciens, gestionnaires d’espaces naturels, chercheurs, entrepreneurs, associatifs pour construire, débattre, s’informer, partager et répondre ensemble aux défis de la reconquête de la biodiversité.

Sur le stand de la Région Île-de-France, aux côtés de l’Agence Régionale de la Biodiversité et de l’Institut d’Aménagement et d’Urbanisme d’Île-de-France, l’AEV a pu partager et échanger sur les spécificités franciliennes en matière de protection de la faune et la flore, en mettant en valeur quatre missions clés :

  • Agir en cohérence avec les territoires pour offrir des espaces naturels aux Franciliens ;
  • Préserver les espaces naturels, agricoles et forestiers en Île-de-France ;
  • Connaître et suivre la biodiversité des sites régionaux, restaurer et gérer les milieux ;
  • Faire découvrir la nature ordinaire et remarquable aux Franciliens.

À l’occasion de tables rondes, l’Agence des espaces verts (AEV) est plus particulièrement intervenue sur la relation entre la protection de la biodiversité et la maîtrise foncière, mais aussi sur les Zones de Protection Naturelle Agricole et Forestière (ZPNAF) et les enseignements de cette initiative francilienne.

Pour illustrer son expertise et ses actions sur le terrain, l’AEV a offert la possibilité aux participants des Assises de découvrir le Plateau de Saclay, lieu emblématique de l’agriculture francilienne. Agents de collectivités, scientifiques, particuliers… ils ont été nombreux à répondre à l’appel. Et pour cause : sur ce site comportant des terres agricoles parmi les plus fertiles d’Île-de-France – dont une partie a été acquise par l’AEV pour le compte de la Région -, l’enjeu de ce site est aujourd’hui de concilier développement de la ville et maintien des espaces naturels, agricoles et forestiers. Cette échappée a permis aux visiteurs d’échanger avec plusieurs exploitants du site sur leurs productions, mais aussi leurs engagements pour la ville de demain.

L’AEV au service du vivant et de l’accueil du public

Les Assises nationales de la Biodiversité, organisées pour la première fois en région parisienne, étaient une opportunité à ne pas manquer pour l’Agence des espaces verts. Malgré la densité de population la plus forte du pays, l’Île-de-France regorge de richesses écologiques : près de 1 500 espèces végétales et plus 500 espèces animales sont recensées sur le territoire régional [1] !

En Île-de-France plus qu’ailleurs, les espaces naturels, agricoles et forestiers, véritables réserves de biodiversité, doivent être protégés pour faire face à diverses pressions : l’urbanisation, induisant le grignotage et le morcellement de ces espaces ; la banalisation des milieux naturels ; la propagation d’espèces invasives…

La préservation de ces milieux et des espèces y ayant trouvé refuge est donc devenue un enjeu majeur.  Et parce qu’ils constituent aussi des espaces de respiration essentiels à l’amélioration de la qualité de vie des Franciliens (plus de 4 millions d’entre eux sont carencés en espaces verts), l’AEV concilie chaque jour préservation de la biodiversité et ouverture au public.

Un équilibre juste entre préservation du vivant et accessibilité de ces espaces au plus grand nombre.


[1] http://www.arb-idf.fr/sites/arb-idf/files/document/ressources/chiffres-clefs-la-biodiversite-en-ile-de-france.pdf