Catégories
Aménagements Biodiversité Forêt Nature

La Région Île-de-France crée ÎLE-DE-FRANCE NATURE

La Région Île-de-France crée ÎLE-DE-FRANCE NATURE

Depuis 2016, la Région Île-de-France est pleinement engagée dans la lutte contre le changement climatique. Il y a un mois, la Région présentait son « Plan d’adaptation au changement climatique » (PRACC) pour préparer le territoire francilien aux évolutions tendancielles du climat et le protéger des aléas climatiques extrêmes. Un aspect essentiel de cette adaptation passe par une forte stratégie de renaturation du territoire. La création d’Île‑de‑France Nature concrétise cette stratégie et ses objectifs. Île-de-France Nature reprend donc – et de façon renforcée et élargie – toutes les prérogatives de l’Agence des espaces verts (AEV). Ainsi, elle poursuivra le travail mené historiquement par l’AEV dont la mise en œuvre du Plan vert, un outil au cœur des enjeux de renaturation. Afin de commencer le travail opérationnel et faire émerger les projets rapidement, Île-de-France Nature lance dans la foulée de sa création un appel à manifestation d’intérêt.

Le Bois Saint-Martin© Jean-Louis Aubert 2022

ÎLE-DE-FRANCE NATURE, un outil au service de la renaturation

Les impacts du changement climatique sont déjà visibles sur le territoire francilien : problématiques sur la santé des populations lors de chaleurs extrêmes, perturbation du cycle de l’eau avec des évènements plus fréquents et plus intenses de sécheresse et d’inondations, fragilisation des espaces naturels et de la biodiversité, en particulier des forêts…

Les enjeux de renaturation sont au cœur de ces actions :

  • Protéger et requalifier 1 000 ha de friches urbaines d’ici 2025 et le double à l’horizon 2030,
  • Gérer les eaux pluviales à la source et désimperméabiliser 5 000 ha d’ici 2030,
  • Résorber 35 points noirs prioritaires de la trame verte identifiée à l’échelle régionale,
  • Accompagner la plantation et le maintien de 2 millions d’arbres à l’horizon 2030 sur le territoire francilien grâce aux dispositifs régionaux,
  • Soutenir les solutions fondées sur la nature pour lutter contre les îlots de chaleur,
  • Créer un fonds francilien de 1 million d’euros pour soutenir l’adaptation des forêts au changement climatique et leur repeuplement.

L’Agence des espaces verts (AEV) devient ÎLE-DE-FRANCE NATURE

Île-de-France Nature est donc une agence aux moyens renforcés pour agir sur son nouveau périmètre au service de la préservation du patrimoine naturel et du cadre de vie des Franciliens. Cette nouvelle agence doit ainsi devenir l’acteur incontournable des questions de nature à l’échelle de l’Île‑de‑France et pour l’accompagnement des collectivités locales sur l’ingénierie et la réalisation de projets de valorisation d’espaces verts, agricoles naturels et forestiers. Elle travaillera en amont, main dans la main avec l’Agence régionale de la biodiversité (ARB) et l’Institut Paris Region et les services de la Région pour aller au contact des maires, les sensibiliser au potentiel de leur territoire en matière de renaturation et les aider à concevoir et réaliser leurs projets. Pour ce faire, la Commission permanente du 10 novembre 2022 lui a attribué une dotation exceptionnelle de 10 M€ pour accompagner les villes. Dans le cadre du projet européen « Regreen », l’Agence régionale de la biodiversité a établi une carte des zones à enjeu c’est-à-dire carencées en espaces verts, stratégiques pour les continuités écologiques ou encore sujettes au phénomène des îlots de chaleur.

ÎLE-DE-FRANCE NATURE, un outil au service des communes

Grâce à ses moyens renforcés, elle aura la capacité d’aller au contact des maires pour valoriser les potentiels de leur territoire et les aider à structurer leurs projets. Île-de-France Nature leur proposera un accompagnement afin de planifier toutes les étapes nécessaires pour mener à bien leurs projets :

  • Diagnostics et études techniques préalables,
  • Étapes réglementaires,
  • Concertation et communication,
  • Maîtrise d’œuvre de conception,
  • Travaux et gestions de l’aménagement, etc.

Un appel à manifestation d’intérêt

Sans tarder, Île-de-France Nature lance un appel à manifestation d’intérêt permettant aux communes retenues de bénéficier d’un financement de leurs études pré‑opérationnelles et du soutien régional à la réalisation de leurs projets. Il s’agit donc d’identifier dès maintenant les projets prêts à émerger et commencer directement le travail de conception des aménagements à réaliser.
Île-de-France Nature répond à une forte attente des acteurs et des collectivités au regard d’une meilleure coordination des décideurs publics. Longtemps relégué à une ornementation dans les espaces urbains, il est nécessaire de réapprendre à voir dans le vivant, qu’il soit végétal ou animal, un aspect essentiel de la politique de la ville. C’est là tout le cœur de la stratégie de renaturation de la Région Île‑de‑France qui sera mise en œuvre par Île-de-France Nature.

Téléchargez l’appel à manifestation d’intérêt : « Retour de la Nature en Ville »

Catégories
Aménagements Biodiversité Forêt Nature Paysage

Découvrir l’Espace naturel régional du Moulin des Marais

Découvrir l’Espace naturel régional du Moulin des Marais

Dans le cadre d’un ambitieux projet de valorisation patrimoniale et d’accueil du public, l’Agence des espaces verts de la Région Île-de-France a aménagé le Bois Nord de l’espace naturel régional du Moulin des Marais. L’objectif ? Permettre l’accès du public à la pépite verte de Mitry-Mory et renforcer le lien et les connexions de cet espace de nature avec la ville et les quartiers résidentiels à proximité. Inaugurés en septembre 2022, ces aménagements sont la première séquence d’un plus vaste projet visant à établir de nouvelles liaisons avec les espaces naturels environnants et ainsi créer des continuités à l’échelle régionale.

Le canal de l’Ourcq © Jean-Louis Aubert 2022

Bienvenue au Moulin des Marais

L’Espace naturel sensible du Moulin des Marais est l’ultime vestige de l’un des plus vastes marécages d’Île-de-France au XVIIIe siècle. Situé au fond du vallon de la Reneuse d’où coule un petit affluent de la Beuvronne, près de la Marne, il est sillonné par le rû des Cerceaux. Au XIXe siècle, la construction du canal de l’Ourcq, qui traverse le site, en transforme profondément le fonctionnement.

Reconnu pour la richesse de ses milieux, abritant de fait une belle diversité d’espèces animales, le Moulin des Marais présente un potentiel biologique important en symbiose avec la présence de l’eau. Il joue un rôle de refuge pour les espèces des milieux humides et des milieux boisés dans un contexte urbain et agricole.

Le périmètre régional d’intervention foncière du Moulin des Marais

Sur cet espace de 280 hectares, classé Espace naturel régional sensible (ENS), l’Agence des espaces verts agit depuis 1992 pour restaurer et valoriser les différents milieux humides, améliorer l’accessibilité du site et établir de nouvelles liaisons avec les espaces naturels environnants.

Traversé par la voie ferrée de la ligne TGV, le site a pour singularité d’être séparé en deux entités distinctes.

  • Au Nord, des boisements typiques des milieux humides, en partie acquis.
  • Au Sud, le long de la berge Nord du canal de l’Ourcq, une ancienne tourbière, en partie plantée de peupliers, fait l’objet d’études et d’interventions ponctuelles qui visent à restaurer le milieu naturel d’origine.
Les premières séquences d’aménagement

Le bois Nord, porte du boisement vers Mitry-Mory

Les aménagements au Nord ont permis l’ouverture au public d’un bois de 3,5 hectares et de renforcer ainsi le lien avec la ville en créant une entrée principale ouverte sur Mitry-Mory et en créant des chemins transversaux permettant de connecter l’espace naturel au tissu urbain avoisinant. Un nouveau portail marque le seuil du bois et une allée centrale est créée pour faire revivre l’axe historique qui servait autrefois d’accès. Le promeneur peut ainsi découvrir, à l’ombre des aubépines, le mystérieux «menhir» et profiter de ce site surprenant, avec ses affleurements d’eau et ses anciens alignements d’arbres.

Les aménagements du Bois Nord

Un espace naturel sensible

L’espace naturel du Moulin des Marais est composé d’un ensemble de milieux enclavés dans des secteurs urbanisés ou agricoles. Le caractère humide de ces espaces en font la richesse mais aussi la vulnérabilité. La pollution des nappes et des rivières est sa principale fragilité. Le site exige aussi de rester vigilant sur son évolution naturelle vers un nombre réduit de végétations diversifiées, les dégradations d’origine anthropique (telles les plantations de peupliers), les effets de l’urbanisation et des infrastructures de transport. Face à ces perturbations, l’Agence des espaces verts œuvre à une stratégie de gestion active tenant compte de tous les enjeux écologiques du site.

Enfin, le réchauffement climatique agit aussi directement sur l’évolution des milieux et des peuplements forestiers. Les arbres, plus vulnérables, subissent les maladies. D’une année sur l’autre, la chalarose du frêne entraîne des interventions d’abattage et de mise en sécurité et par conséquent une modification du peuplement. Pour répondre à ce dépérissement et pour assurer un bon renouvellement des espaces forestiers, l’Agence des espaces verts œuvre, par des mesures compensatoires, à l’enrichissement des parcelles touchées.

L’Arc Boisé Marne Nord

L’Agence des espaces verts travaille à la création de grandes liaisons au niveau régional pour mettre différents espaces naturels en relation. Elle souhaite développer la mise en réseau du site du Moulin des Marais avec le canal de l’Ourcq, la Forêt régionale de Claye-Souilly et la Promenade de la Dhuis afin de faciliter les déplacements doux entre ces sites. Cette ambition implique d’utiliser au mieux le réseau existant, de tenir compte des infrastructures qui fragmentent ces espaces, de permettre le franchissement de celles-ci et et d’envisager à long terme de nouveaux ouvrages. À l’échelle régionale, ces perspectives ouvrent de nouvelles possibilités pour développer des chemins de grandes randonnées dits de gare à gare.

L’Arc boisé Marne Nord

Pour approfondir le sujet : feuilletez la plaquette «Grand projet»

 

Catégories
Aménagements

Chabrand-Thibault : un petit domaine précieux bientôt ouvert aux plus curieux

Chabrand-Thibault : un petit domaine précieux bientôt ouvert aux plus curieux

C’est le privilège des explorateurs et des archéologues que de découvrir les choses précieuses que le temps ou les gens ont enfoui dans l’oubli. Mais pour le découvreur, passées les fouilles et la trouvaille miraculeuse, vient le moment de partager le secret bien gardé. C’est ce que s’apprêtent à faire l’Agence des espaces verts et la Région Île-de-France en aménageant le domaine Chabrand-Thibault, en prévision de son ouverture au public. Propriété close de 10 hectares à peine, ce petit domaine regorge de vestiges romantiques dans un cadre faisant la part belle à la nature et à la biodiversité. Telle une pièce de musée bien soignée, le domaine Chabrand-Thibault, jadis privé, s’offrira bientôt à la promenade discrète et respectueuse pour le plaisir des plus curieux.

Une promenade historique et paysagère

Le domaine Chabrand-Thibault est situé sur la commune de Cormeilles-en-Parisis, dans le Val-d’Oise. Il fait partie de l’espace naturel régional des Buttes du Parisis, un maillon essentiel de la Ceinture verte d’Île-de-France géré par l’Agence des espaces verts pour le compte de la Région Île-de-France.

Le parcours en cours d’aménagement s’ouvrira aux abords de l’église Saint-Martin, classée Monument Historique par arrêté du 13 février 1997. En contrebas du domaine, la promenade longera une prairie préservée qui revêt un intérêt à la fois écologique et historique puisque son tracé n’a que très peu évolué au fil des siècles. Sur la gauche, avant que ne vienne au visiteur l’envie de le gravir, le parc forestier prend déjà de la hauteur sur les pentes de la butte. Historiquement rattaché au domaine privé de la Châtaigneraie, fermé au public depuis des décennies, il renferme un boisement présentant de très beaux chênes et châtaigniers, des sous-bois fleuris de muguet et de jacinthes et de nombreuses espèces d’oiseaux comme le Pic épeiche, le Pic vert, la Sittelle torchepot, le Geai des chênes, la Fauvette à tête noire, le Pinson des arbres, ou les Mésanges bleues et charbonnières. Cette partie boisée renferme également les vestiges d’un parc romantique et d’une forêt plus « jardinée ». On y trouve une ancienne mare maçonnée entourée d’essences d’arbres ornementaux du parc datant du XIXe siècle (platanes, pins), les ruines d’un ancien nymphée et des arches blanches dont l’origine reste inexpliquée et pleine de mystère.

Pris en étau entre le plateau et le coteau sud de la butte, le parc Chabrand-Thibault offre enfin une vue panoramique dégagée sur le centre historique de Cormeilles-en-Parisis et la vallée de la Seine. Une bien belle récompense pour quiconque entreprend son ascension.

Des espaces verts et boisés au service des Franciliens

L’Agence des espaces verts aménage notamment une grande volée d’escaliers, faite de pavés de grès de Fontainebleau : un matériau patrimonial et local, en cohérence avec l’architecture du centre ancien de Cormeilles. Afin de favoriser l’économie circulaire et de limiter l’impact sur l’environnement, le choix de l’Agence s’est porté sur des pavés de réemploi, plutôt que des pavés neufs importés d’Inde. 180 marches au total qui gravissent les 35 mètres de dénivelé du coteau jusqu’au plateau boisé et à l’allée historique bordée de chênes. Un confortable cheminement redessinera quant à lui la lisière boisée et s’intègrera dans la pente du terrain, dont les terrassements ont été limités au strict minimum afin de préserver les arbres existants et de réduire l’impact sur la biodiversité du site. Sans oublier les larges bancs qui permettront de se fondre dans le vaste panorama sur la vallée de la Seine avec toujours l’espoir de pouvoir ralentir le temps pour prolonger les bons moments.

Le projet d’ouverture au public du domaine régional Chabrand-Thibault répond aux impératifs fixés par le Plan vert. Lancé en 2017 par la Région, celui-ci a pour objectif de pallier de manière significative le déficit en espaces verts accessibles en Île-de-France. Pour ce faire, il prévoit la création de 1 000 hectares supplémentaires d’espaces de nature ouverts au public d’ici à 2025. Les travaux d’aménagement en cours du domaine Chabrand-Thibault participent de cette ambition et permettront d’ici le printemps 2023 d’ouvrir au public ce site élégant et discret.

Chabrand-Thibault - Plan des aménagements 2022