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3 questions à Élise PROTHERY, paysagiste

3 questions à Élise PROTHERY, paysagiste

Élise exerce l’un de ces métiers “passion” dont on ne se lasse pas et qui ne connaît pas l’ennui. Nécessairement créative, amoureuse de la nature, elle prend à cœur de modeler l’environnement avec un souci d’équilibre et de parcimonie. Bien qu’elle ait pu faire déplacer 18 000 m3 de terre lorsque cela s’imposait, il lui arrive aussi de sélectionner un à un les 365 cerisiers d’une plantation. Après avoir lancé sa carrière en bureau d’études puis intégré divers établissements publics, c’est avec une vivacité inchangée depuis ses débuts qu’elle évoque son parcours professionnel. Au sein d’une équipe féminine constituée de cinq paysagistes, l’exercice de son métier prend un sens particulier au sein de l’Agence des espaces verts : pouvoir agir, à l’échelle régionale, en faveur de l’amélioration du cadre de vie des Franciliens et suivre sans discontinuer l’évolution des espaces verts et boisés.

Quelles ont été tes motivations et ton parcours pour faire ce métier ?

Petite déjà, j’étais intéressée par les formes de vie,  la nature et l’environnement. J’ai commencé mes études en biologie à l’université mais l’abord uniquement scientifique de la biologie ne me convenait pas. Comme beaucoup de jeunes étudiants, il m’a fallu trouver ma vocation à tâtons, avec de l’intuition mais aussi des coups de pouce du destin. J’ai donc ouvert les portes d’une école de paysage, qui m’a apporté toutes les dimensions auxquelles je pouvais aspirer dans ma vie professionnelle : la dimension créative – notamment le dessin-, mais aussi tout un spectre de domaines propres au métier : l’environnement, l’histoire, la géographie, la sociologie des territoires, la science des matériaux ou encore la construction.

Ce que j’aime dans mon métier, c’est d’avoir un rôle pivot entre des enjeux divers, parfois même contradictoires. Un espace naturel à aménager n’est pas une page blanche. Il se trouve dans un environnement préexistant, un tissu urbain, un contexte social. Nous avons à prendre en compte son écosystème, sa topographie, ses contraintes techniques mais aussi les personnes qui le fréquentent, dont il est le cadre de vie. Trouver le bon équilibre dans la réalisation d’un projet entre toutes ces facettes, c’est ce qui fait à la fois la complexité et le sel de ce métier.

Pourquoi avoir choisi l’Agence des espaces verts ?

Bien avant d’entrer à l’Agence des espaces verts, à l’occasion d’un stage dans le cadre de mes études, j’ai pu partir en Uruguay travailler pour le ministère de l’environnement à la création d’une aire protégée. Cette expérience a été mon premier lien avec un projet d’aménagement opérationnel et concret imbriquant à la fois la protection de la nature, la biodiversité et les besoins humains.

C’est plus tard, en faisant de la maîtrise d’œuvre dans un bureau d’études, que l’opportunité d’un poste à l’Agence des espaces verts s’est présentée. J’ai pressenti l’intérêt d’exercer mon métier dans une structure capable de maîtriser la gestion de ses sites dans la durée et à des échelles d’intervention importantes. Aucun bureau d’études privé n’a ce privilège et cette liberté de mouvement et de création dans l’espace et dans le temps. D’autre part, la confiance que nous accordent notre direction et les élus dans la conduite des projets est vraiment stimulante. Je suis donc arrivée à l’Agence en 2011 et depuis, hormis une parenthèse de deux ans pour occuper un autre poste, je ne l’ai plus quittée ! L’Agence des espaces verts est composée  de professionnels pleinement investis dans leurs missions et qui travaillent, me semble-t-il, avec la conviction d’agir pour le bien commun. Toutes ces conditions nous rassemblent, nous lient, et renforcent nos synergies au quotidien. 

Quelles sont tes principales missions au quotidien ?

Les missions d’une paysagiste sont nombreuses et variées. Au quotidien, j’assure le suivi de divers projets d’aménagement, ayant chacun leurs phases de développement propres. Je dirais que trois quarts de mon temps de travail se déroulent au bureau pour un quart du temps sur le terrain. Un équilibre vertueux autant que nécessaire puisque notre relation au territoire et à ses occupants est à la base de tout. C’est même le préalable indispensable au premier trait de crayon sur une esquisse.

La première étape d’un projet d’aménagement consiste à établir un diagnostic. On analyse le site dans sa globalité, en s’appuyant sur le document d’orientation qui en fixe les grands enjeux en matière de maîtrise foncière, de gestion, d’aménagement, d’ouverture au public et de préservation de la biodiversité. Cette phase nous met déjà en lien avec des acteurs nombreux : nos collègues tout d’abord (techniciens, écologues, spécialistes agricoles, délégués territoriaux…) mais aussi les élus locaux et les usagers puisque la notion de concertation avec l’ensemble des parties prenantes est déterminante pour l’Agence des espaces verts. On aboutit alors à un schéma directeur : la colonne vertébrale du projet qui précède d’autres étapes plus fines, précises et détaillées. Le dessin à la main, tout autant que les outils graphiques numériques font partie du métier. Le défi est ensuite de traduire le dessin dans la réalité : la phase travaux, le suivi du chantier font partie intégrante de nos missions et la réalisation des aménagements est un accomplissement. Enfin, il y a la restitution du projet et son ouverture au public. Notre chance est alors de pouvoir continuer à suivre l’évolution des sites, y intervenir au besoin, constater la manière dont les usagers se sont appropriés nos idées. C’est un retour d’expérience en direct et un véritable privilège pour une paysagiste.