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3 questions à Cécile Avril, responsable de la mission « Système d’information géographique »

3 questions à Cécile Avril, responsable de la mission « Système d’information géographique »

Si la géographie, le contact humain, les voyages et le sport devaient être combinés en un être, Cécile en serait l’archétype. C’est une décennie d’expérience dans le service public qui lui a confirmé son appétence pour les enjeux environnementaux. Depuis 3 ans maintenant, elle chapeaute la mission Système d’information géographique, « SIG » dans le jargon des professionnels. Démocratiser des données techniques, c’est la tasse de thé de Cécile !

Cécile Avril, responsable de la mission « Système d’information géographique » à l’AEV
Crédit : C. Ciangura / AEV

Quelles ont été tes motivations et ton parcours pour faire ce métier ?

J’ai suivi des études de géographie, spécialité environnement. Pendant mon master en géomatique – ou géographique numérique – j’ai suivi un module Systèmes d’information géographique. C’était vraiment très accrocheur visuellement et le dynamisme de la matière m’a motivée à poursuivre dans cette voie. Ce qui m’a attirée, c’est l’aspect très concret de cette géographie appliquée, en opposition à l’image que l’on peut se faire du sujet. Le traitement des données brutes géographiques vise à démocratiser, sous la forme de cartes les plus lisibles possibles, des informations topographiques à l’origine très abstraites. Le SIG voit de son œil aguerri ce qu’un autre ne saurait discerner dans les masses de données pour le présenter et le mettre en valeur. La communauté est par ailleurs très développée, contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce qui favorise énormément le partage d’informations et l’entraide.

Pourquoi avoir choisi l’Agence des espaces verts ?

Avant de rejoindre l’AEV, je sortais de 10 années d’expérience au service d’un département. Le SIG y était utilisé dans tous les domaines où l’on aborde la question des territoires, notamment les secteurs de l’aménagement, de l’urbanisme et de l’environnement.

J’avais désormais envie de changement et de concilier mon travail avec mes convictions personnelles sur la nécessité de préserver l’environnement. Le bouche-à-oreille m’a amenée jusqu’à l’AEV, qui était à la recherche d’un chef de projet SIG. Lorsque l’AEV m’a ouvert ses portes, c’était un peu l’occasion rêvée ! L’établissement public intervient sur toute l’Île-de-France, un changement d’échelle intéressant pour moi, qui nécessite un système d’information géographique performant et une vraie polyvalence pour répondre à la diversité des besoins.

Quelles sont tes principales missions au quotidien ?

Je suis en charge, avec l’appui de mon équipe, de l’architecture du SIG et de l’administration technique et fonctionnelle de l’ensemble des outils. Les cartes que nous produisons sont des outils essentiels à l’analyse du territoire. Elles résument sa réalité et clarifient l’essentiel à assimiler pour le destinataire de la carte. Certaines sont destinées à un usage interne uniquement, d’autres sont accessible au grand public depuis le site internet de l’agence.

J’ai aussi à cœur de développer de nouveaux outils, dont l’ergonomie et l’intuitivité facilitent l’accès et l’utilisation de l’information géographique pour tous. J’ai ainsi entamé un projet de refonte du SIG sur les outils bureautique et web. Le portail cartographique mis à disposition en interne permet la consultation de données cadastrales, de données produites par l’agence et de données de référence. Pour compléter le panel d’outils et assister les agents dans leur travail quotidien, des applications web ont aussi été créées, comme récemment pour la saisie d’arbres présentant des défaillances lors des tournées de sécurité en forêts.

Au-delà de cet aspect technique, il y a également un aspect humain très important. En tant que personne ressource, le chef de projet SIG est amené à échanger avec des corps de métiers très variés au sein de l’AEV : techniciens forestiers, chargés d’opérations foncières, délégués territoriaux, chargés de communication… Il doit faire preuve de curiosité intellectuelle et d’une grande capacité d’adaptation pour comprendre leurs projets et traduire leurs besoins en données, cartes ou encore outils. Cela en fait un travail relationnel où l’assistance à la compréhension des outils et des données SIG joue un rôle prédominant. L’animation du réseau des utilisateurs est très importante. Je propose régulièrement des ateliers de démonstration, des guides d’utilisation et des newsletters.

Enfin, la gestion du cycle de vie des données géographiques est essentielle. Leur stockage dans une base de données centralisée, leur mise à jour, leur structuration, l’information qui y est liée et leur mise à disposition constituent le travail quotidien de mon équipe. Mais nous essayons de gommer cet aspect technique prégnant, pour ne laisser transparaître que l’information vulgarisée et facile d’accès pour tous.

Plus que de dessiner des cartes, mon métier consiste à présenter une version stylisée de la réalité pour mettre en évidence les enjeux essentiels d’un territoire. Une nécessité quand il s’agit de veiller aux équilibres entre la ville et la nature !