Rosée matinale
Fruits de cornouiller sanguin en forêt régionale de Ferrières
Bourgeon
Nothofagus en forêt régionale de la Roche Guyon
Levé de soleil en forêt régionale de Rosny
Feuilles de hêtre en forêt régionale de Ferrières
Tronc de châtaignier
Bogues
Tronc de charme en forêt régionale du Maubé
Cornouiller en fleurs en forêt régionale de la Roche-Guyon

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Comment le paysage modèle-t-il nos cadres de vie ?

12.06.19
L’Agence des Espaces Verts participe à la première édition de la Bap ! (Biennale d’architecture et de paysage) Île-de-France avec l’exposition “Échappées belles”, valorisant notamment toute la diversité des paysages franciliens. Car là où notre regard se pose, se forme un paysage. Alors que celui-ci transforme et module nos espaces aussi bien urbains que naturels, comment pouvons-nous réellement le définir et l’appréhender ? Et quel est son rôle pour notre belle région ? On vous en parle ici !
 

Le paysage, un concept tourné vers l’avenir

Le paysage est le cadre de notre quotidien. Ses mille et un visages sont modelés par le paysagiste bien sûr, mais aussi par toutes les activités humaines et les usages qui le transforment au quotidien. Prenant corps là où se porte notre regard, le paysage peut donc être transformé et aménagé pour revêtir divers aspects et fonctions. Dans cette optique, le paysagiste modèle selon les besoins de son époque et de l’environnement, afin d’offrir à nos territoires une multitude de visages. À la Renaissance, c’est l’aspect décoratif du paysage qui est mis en valeur, notamment avec l’essor des jardins à la française qui agrémentent les demeures bourgeoises d’un esthétisme végétal aux règles très strictes. À partir du XVIIIème siècle, la nature se veut plus authentique, à l’image du parc Monceau qui met quant à lui en scène une nature romancée constituée de grottes aux stalactites artificielles, de cascades et même de faux reliefs. Naturel ou urbain, le paysage est donc loin d’être un concept figé. Il se transforme au cours du temps, suivant les évolutions de nos sociétés et les goûts d’une époque. En perpétuel renouvellement, le paysage se fait donc multiple et suit les fluctuations culturelles, intégrant les modes de vie, les attentes des différents usagers et les enjeux environnementaux actuels. Véritables concepteurs pluridisciplinaires, les professionnels du paysage allient ainsi espaces, aussi bien urbains que naturels, et cadre de vie. Leur mission est d’allier divers enjeux, comme l’esthétique, les usages et la biodiversité. Et cela bien sûr, tout en intégrant le projet dans un environnement plus large, afin de dessiner les aménagements et anticiper leur future gestion.

Le paysage au service de la transformation des villes

Durant les Trente Glorieuses, le paysage français s’est détaché de son image traditionnelle pour transformer son territoire de manière rapide, pour faire entrer les villes dans la modernité. La limite entre ville et campagne se perd avec l’extension de zones périurbaines et le développement des infrastructures créant ainsi de nouveaux paysages. Les rapports de forces entre métropoles, banlieues et zones rurales impactent les facettes paysagères de notre territoire créant de nouveaux espaces hybrides. Un basculement s’opère dans les années 2000. Les villes se transforment, entraînant avec ces évolutions, une véritable mutation des paysages. Tout d’abord, la mobilité durable réaménage les espaces publics, et la ville devient plus mixte, rapprochant lieux de vie, de commerces et d’activités. L’objectif est de recréer de la proximité, lutter contre l’étalement urbain, tout en répondant au besoin de construction de logements. Les espaces verts ne sont alors plus des espaces résiduels et le paysage porte une réelle fonction, celle d’apporter un cadre de vie de qualité, offrant des espaces sains et naturels, de loisirs ou de repos, pour un meilleur confort de vie en ville. Enfin, les espaces de respiration deviennent essentiels pour réduire le stress urbain et garantir le bien-être de tous.

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        Ecoquartier des Noés au Val-de-Reuil ©Atelier Philippe Madec

Apparaissant pour la première fois à Fribourg-en-Brisgau (Bade-Wurtemberg, au sud-ouest de l'Allemagne), les écoquartiers vont encore plus loin et accordent une place de choix aux écosystèmes, autrement dit à toutes ces interactions entre les êtres vivants et leur habitat. La gestion des eaux pluviales, la préservation des espaces de pleine terre, le développement de la biodiversité, l’utilisation de matériaux biosourcés deviennent alors des critères essentiels pour la fabrique d’une urbanisation davantage respectueuse de la nature. C’est dans ce même élan que le développement de noues et de toitures végétalisées s’inscrit pour modifier encore un peu plus les paysages urbains. Aujourd’hui, certains projets urbains font du paysage naturel une composante particulièrement forte, jusqu’à fondre l’architecture et les éléments urbains dans celui-ci.

Le rôle clé des paysages périurbains franciliens

Avec le lancement en mars 2017 du Plan Vert, la Région Île-de-France s’est emparée de la question paysagère en vue de développer les espaces naturels et boisés tout en favorisant leur accessibilité par tous les Franciliens. Son objectif consiste donc à créer 500 hectares de nouveaux espaces verts et boisés d’ici à 2021. Et aujourd’hui, on peut déjà compter 50 projets soutenus partout en Île-de-France. Les projets paysagers sont intégrés dans une vision plus globale de façon à pouvoir dessiner un territoire plus cohérent. Ainsi, pour un équilibre entre ville et nature, le paysage périurbain joue un rôle essentiel à une échelle régionale. Ses multiples composantes interviennent alors comme de véritables refuges pour la faune et la flore. Elles contribuent au maintien des écosystèmes, en facilitant le déplacement des espèces, et favorisent ainsi les liens entre ville et campagne.

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        Le projet paysager de la Tégéval relie des espaces contrastés © AEV/ Altivolus

Dans cette logique territoriale, l’Agence des Espaces Verts (AEV) de la Région Île-de-France travaille quotidiennement sur le volet naturel du paysage, à savoir sa composante vivante (sol, faune, flore et usagers) afin de répondre aux évolutions sociétales et environnementales. En particulier sur plusieurs sites, l’AEV revalorise des sols en place, pour permettre la réactivation d’une vie organique, le développement d’arbres et la recréation des écosystèmes locaux grâce à l’implantation d’essences locales. De plus, une attention toute particulière est portée sur la circulation de l’eau et la porosité des sols. Face au réchauffement climatique, les composantes naturelles du paysage via la préservation d’espaces humides et la perméabilité des sols, revêtent aussi un rôle essentiel dans le refroidissement de nos villes. Enfin, les espaces de nature sont aussi pour le grand public des lieux de repos et de loisirs. Et c’est dans l’optique d’une plus grande appropriation par tous que l’AEV imagine, aménage et protège les espaces naturels pour les ouvrir au public. Pour préserver la biodiversité, les espaces de promenades sont ainsi dissociés des milieux accueillant la faune et la flore. Le paysage devient donc le lieu où se croisent les usages tout en préservant la richesse de ses habitats naturels.

Cicatriser pour se réapproprier les lieux par le paysage

Interstices, anciennes friches urbaines, carrières, sites industriels, nombreuses sont encore aujourd’hui toutes les blessures ouvertes de nos paysages. Comment pouvons-nous alors intégrer l’ensemble de ces espaces dans un paysage harmonieux ? Tel est le défi de chacun de nos territoires. L’AEV part des paysages existants pour mettre en œuvre la cohérence territoriale et créer davantage de liens entre les paysages franciliens, tout en permettant une réappropriation des lieux. Nos équipes aménagent et prennent quotidiennement soin des sites abîmés grâce à une approche « frugale » destinée à réintégrer ces espaces dans nos villes et en faire des lieux de vie pour tous. Ainsi, apparaissent de nouveaux paysages, comme l’Espace naturel régional de la Butte des Châtaigniers qui offre un panorama unique, ou encore l’Espace naturel régional de la Fosse aux Carpes avec sa mangrove inattendue au cœur des tissus pavillonnaires de Draveil et des entrepôts de Juvisy. Et l’AEV y joue chaque jour un rôle crucial, avec de nombreux cas de renaturation réussis, désormais ouverts aux Franciliens. L’approche paysagère experte de nos équipes est donc un moyen essentiel pour aménager ces lieux, tout en garantissant leur reconquête écologique et sociale. Dans cette logique, l’AEV développe plusieurs stratégies dont certaines sont indispensables à la restauration et à la renaturation de sites délaissés au passé industriel : le « nappage » qui consiste à créer une couche fertile, surmontant les blessures en creux des carrières ; une seconde stratégie qui est celle de l’ « immersion » où les anciennes gravières sont immergées et sculptées pour accueillir le vivant ; et enfin la troisième stratégie possible est celle de l’ « oubli » où le temps est donné à la nature afin qu’elle reconquiert par elle-même les fractures urbaines. L’ensemble de ces techniques, ainsi que de nombreux autres exemples développés dans le monde sont exposés à la Bap ! Île-de-France. Et c’est jusqu’au 13 juillet sur les grilles de l'Hôtel de Ville de Versailles.

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