La brigade équestre de l'AEV en forêt régionale de Bondy
La brigade équestre de l'AEV en forêt régionale de Bondy © Hellio - Van Ingen
L'étang du Morillon sur la réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux
L'étang du Morillon sur la réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux © Hellio - Van Ingen
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Les séquoias de l'allée des Lions en forêt régionale de Ferrières © Hellio - Van Ingen

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Crédit : AEV / V. Pichot

« De jour comme deux nuits » ou quand éducation rime avec émotion. Cet été, le premier mini-camp organisé par l’AEV a emmené 26 écoliers et leur professeur de clairières en lisières, pour trois jours d’école forestière dans le sous-bois de la forêt régionale de Ferrières. Retour sur la genèse de ce programme d’éducation innovant.


C’est l’un des défis sans cesse renouvelé de l’AEV : faire découvrir et apprécier les beautés de la forêt aux petits Franciliens. Depuis plus de deux décennies, ses programmes d’éducation à l’environnement entraînent donc les bambins de la région capitale au plus près des boisements d’Île-de-France. Grâce au programme Forestiers Juniors, ce sont ainsi près de 8000 écoliers qui, chaque année, se familiarisent à l’écologie grâce aux animations organisées en forêt. Malgré ce succès, l’AEV cherchait à pousser plus avant la démarche. « Il nous semblait que nous pouvions faire encore davantage, explique France Hamy, responsable du service Education à l’environnement. En effet, malgré leur continuité dans le parcours scolaire de l’élève, ces animations restent ponctuelles, il leur manquait selon nous une dimension : celle de l’émerveillement. Que reste-t-il en effet d’une sortie dans la nature chez un enfant ? C’est en réfléchissant à comment marquer positivement un écolier et créer chez lui un attachement durable pour la forêt que nous avons imaginé un nouveau projet ». L’initiative prend forme avec la mise au point d’un concept audacieux : trois jours et deux nuits d’immersion en pleine forêt, pour un programme baptisé De jour comme deux nuits : «  La vie moderne ne favorise plus la découverte de l’environnement par les sens, précise France Hamy. En passant par une approche immersive, avec une classe plongée dans les sons, les odeurs, les couleurs de l’univers forestier, on favorise son appropriation... et la longévité des souvenirs chez les enfants ! »

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Un fait unique en France



Soixante heures dans un bois pour une classe d’une trentaine de bambins. Si la formule a l’air simple, elle est en réalité osée ! Car à la différence d’une classe verte, c’est bel et bien dans la nature que les écoliers sont invités à installer leur campement : « Si les classes vertes existent, rappelle France Hamy, elles privilégient toujours les baraquements en dur pour le couchage des enfants : les structures sont ultra-sécurisées, au mieux il s’agit d’un camping : or nous souhaitions que les enfants puissent préparer leur campement eux-mêmes, sur une parcelle forestière. » Mais avant de planter les tentes au creux d’un sous-bois, encore fallait-il rassurer l’Education nationale, en lui prouvant que les parcelles forestières choisies ne comportaient aucun risque. Mené en étroite collaboration avec les inspections académiques, le projet aura donc mis plus de deux ans à aboutir : « A l’AEV, cela a été un vrai projet inter-services, analyse France Hamy. Il a mobilisé aussi bien des techniciens que des éco-animateurs, puisqu’il nous fallait cadrer tous les aspects logistiques, de l’installation de toilettes sèches à l’allumage d’un feu de camp ! » Une longue et nécessaire mise en place qui, à l’été 2015, aboutit au lancement du premier mini-camp. Ne manquait plus qu’un professeur des écoles pour tenter l’aventure. « Il est toujours délicat de se porter volontaire sur un programme encore jamais expérimenté : un hébergement sous tente, en pleine forêt reste un fait unique en France, et il fallait que l’enseignant soit vraiment motivé, pour pouvoir rassurer les enfants mais aussi leurs parents qui pouvaient eux-aussi avoir des inquiétudes et hésiter à envoyer leur progéniture dans une immersion en pleine nature. » L’heureux élu, Yannick Choulet, enseigne à l’école Pierre et Marie Curie de Roissy-en-Brie, en Seine-et-Marne. En juin 2015, ce sont ses 26 élèves qui, les premiers, étrennent le tout nouveau programme d’éducation en pleine forêt régionale de Ferrières. « Notre école participe aux animations de l’AEV depuis quasiment 10 ans, c’est vraiment dans la culture de l’établissement, précise celui-ci. C’est donc en toute logique que j’ai porté la candidature de mes élèves de CM2 : je n’avais jamais entendu parler d’une classe verte en milieu totalement ouvert, cela me semblait une occasion à ne pas rater ! »

Des peurs balayées

Derrière la maison forestière de la Parenterie, les 26 chanceux ont donc planté leur tente, parfois avec quelques appréhensions. Pour les rassurer, un « périmètre de sécurité », matérialisant la limite à ne pas franchir autour du campement, est tracé en accord avec les enfants : « Au départ, ils ont délimité un espace d’environ deux mètres après les tentes, explique Yannick Choulet. Ce qui est fou, c’est qu’en quelques heures, ils ont proposé d’eux-mêmes de le déplacer : dès qu’on les met en confiance, les craintes tombent très vite ! » Des peurs balayées au fur et à mesure que les activités se succèdent. Au programme : fabrication de cabanes, marche dans l’obscurité́, musique verte, repérage de traces et, bien sûr, les traditionnelles veillées au coin du feu. « En soi, chaque activité est intéressante, mais c’est l’ensemble qui fait l’intérêt de ces trois jours, constate Yannick Choulet. Il y a une continuité dans les apprentissages, entre l’expérience et l’émotion, ainsi que dans le contenu scientifique, parfaitement adapté aux besoins des enfants ». Deux temps forts ressortent malgré tout : tout d’abord le « Fil d’Ariane », sortie nocturne les yeux bandés, où chacun se laisse guider, mains posées sur une cordelette, à l’écoute des bruits de la forêt. Unanimes, ce sont les enfants qui en parlent le mieux : « Au début nous avions peur ! Nous n'avions jamais fait ça avant, raconte Sophie-Lurgie. Pour moi – aventure - c'est le mot qui décrirait le plus le mini camp ! » Dans les moments appréciés, arrive ensuite la veillée contée, avec marshmallows grillés évidemment. Et c’est toujours au coin du feu qu’ont lieu les « conseils », où tous les petits campeurs peuvent discuter de la journée écoulée : « C’est un moment important, car on leur donne la parole, c’est un temps d’échanges, qui leur permet d’exprimer leurs peurs et les choses qu’ils aimeraient éventuellement voir changer ».


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Des haïkus inoubliables

Alors que restera-t-il de cette immersion sous les frondaisons vertes de la forêt régionale de Ferrières ? Si rien ne garantit la durabilité d’un souvenir, une chose est sûre, de retour en classe, les petits élèves de Yannick Choulet ne tarissaient pas de superlatifs pour raconter leur expérience : « inimaginable », écrit Laura, « merveilleux », raconte Miriam, « magique » conclut Shaina. Et chacun de poursuivre avec une anecdote marquante : « nous avons écrit des haïkus sur un gros bouleau. Son écorce nous a servi à faire le feu » explique ainsi Abdoulaye, avant d’ajouter, ce que j'ai aimé le plus, c'est quand même de dormir bien au chaud dans nos grosses tentes ! » Guaye, quant à elle, se souvient : « on partageait les tâches et les émotions. Par exemple quand on avait appris à se servir d'une paire de jumelles, on pouvait le transmettre aux autres ». « J'ai même fait une cabane » s’enthousiasme Eva. Pas de doute, avec autant de bons moments ancrés dans les esprits, la forêt et la beauté de ses écosystèmes - des grenouilles aux chevreuils -, ne devraient pas être oubliées de sitôt, d’autant que les boisements ont d’ores et déjà vu défiler d’autres jeunes visiteurs : un second camp vient d’avoir lieu fin septembre et, d’ici la fin de l’année scolaire, deux autres campements devraient y être organisés… pour le plus grand bonheur des futurs participants !

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