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L’or vert des forêts franciliennes

27.05.14
Le 29 avril, l'ensemble de la filière bois se réunissait dans l'hémicycle de la Région Île-de-France le temps d’un colloque. Organisée par l'AEV, cette rencontre d’une journée aura permis de défricher petits et grands questionnements autour de l’avenir économique des boisements franciliens. 

« La forêt francilienne, des ressources inexploitées ? » telle était la thématique du colloque organisé ce 29 avril par l’AEV et en partenariat avec Francîlbois. Pour débattre de l’avenir économique de ces espaces, exploitants forestiers, papetiers, associations franciliennes de l’environnement, élus, constructeurs ou professionnels du bois-énergie s’étaient réunis, avec un programme chargé : à l’agenda, deux tables rondes et trois face à face, pour une problématique qui n’aura pas laissé la salle de bois. En effet, les forêts ne cessent de gagner du terrain en Île-de-France. Avec 10 000 hectares supplémentaires en une décennie, les boisements représentent désormais près de 25% du territoire régional, soit quasi autant que la partie urbanisée. Dans une zone aussi densément peuplée que l’agglomération parisienne, ces espaces en sont d'autant plus essentiels ; à tel point que les forêts franciliennes n'ont jamais été aussi fréquentées : avec six millions de visiteurs par an, elles arrivent ainsi au premier rang des sites et monuments les plus visités de l'Hexagone. Revers de la médaille, ce formidable attachement entraine un certain nombre de désagréments pour les professionnels du bois : « Ces espaces constituent un concentré de toutes les contraintes que l’on peut rencontrer en forêt, » résume Pascal Gourmain, expert forestier. Car les Franciliens, plus préoccupés par le maintien de leur cadre dominical que par le potentiel économique des troncs, oublient souvent que les massifs forestiers de la région ne sont pas que poésie et calmes balades : « L’un des traits de cette population urbaine est d’omettre sa propre demande de matériau bois ainsi que le travail de gestion forestière, » explique Franck Jacobée, ingénieur forestier à l'Office national des forêts. Difficile en effet pour un public non averti d’imaginer que ces espaces, synonymes d’allées claires et de vertes frondaisons, recèlent aussi un potentiel économique fort, que la filière bois fait patiemment prospérer. 

Une nécessité, communiquer

Conflits d’usage, difficultés de cohabitation, c’est en premier lieu la coupe des arbres qui pose problème : souvent mal vécue par les populations, elle soulève de nombreuses incompréhensions, chez les habitants comme chez les élus. Pour les rendre acceptables, une nécessité, communiquer, afin que le grand public puisse prendre conscience des réalités de l’exploitation sylvicole. « Aujourd’hui, on ne peut pas vouloir du bois chez soi et être contre la coupe d’arbres : le public doit rester cohérent sur ses attentes. Il faut donc le sensibiliser à la gestion forestière et poursuivre une gestion qui respecte le paysage francilien », estime Patrick Soulé, directeur général adjoint chargé du pilotage de l’activité et des ressources à l’Office National des Forêts. D’autant que cette population est demandeuse de matériau bois, tant en chauffage qu’en construction, et constitue un véritable gisement de consommateurs. Des clients en nombre… et une conjoncture favorable : si, depuis une quarantaine d’années, les fermetures de scierie se succèdent dans le bassin parisien – il ne subsiste actuellement pas plus de deux établissements de sciage, pour une filière qui n’emploie plus que 11 200 salariés, soit une baisse de 16% de ses actifs depuis 2004 – la situation est en passe de changer. Deux leviers sont à l’œuvre, la montée en puissance des énergies renouvelables (EnR) ainsi que la généralisation des constructions bois, poussées d’une part par l’entrée en vigueur de la directive européenne sur les EnR, qui fixe à 20% leur consommation en Europe d’ici 2020, et d’autre part le Grenelle de l’environnement français, qui incite à une meilleure mobilisation des ressources forestières, notamment dans le secteur du bâtiment. 

Du chemin à faire

Si un secteur est en essor dans le bassin parisien, c’est d’ailleurs bien celui de la construction bois. « C’est une part du marché valorisante et valorisée, estime Véronique Brichard, entrepreneur et présidente de la section des métiers du bois à la Fédération française du bâtiment. En Île-de-France, les gens ne peuvent pas forcément déménager, mais ils ont besoin d’agrandir leur habitation (pour surélever, s’étendre), le bois est le matériau idéal, il est plus léger, plus propre, nous avons donc de belles perspectives d’avenir dans ces secteurs-là. » Si les constructions bois ne représentaient qu’1% des permis de construire en 2013, leur nombre avait déjà quadruplé un an plus tard, à tel point que 50 candidatures franciliennes ont été déposées au Prix national de la construction bois, un record ! Côté énergie, même optimisme : « Le développement du bois énergie répond à des objectifs politiques forts, dont l’application pourraient entrainer une hausse de la demande de 35 à 36 millions de mètres cubes, » précise Eric Walmé, directeur général de la Société des espaces verts (SEV). Si l’on constate déjà un accroissement des installations de chaufferies individuelles et collectives, les entreprises ont encore du chemin à faire pour pouvoir s’adapter à l’évolution du marché : « Persistent les problèmes du morcellement des forêts privées - 70% des forêts d’Île-de-France sont privées - et de leur desserte, freins considérables au déploiement de la filière,» analyse Sébastien Meha, Président de Francîlbois, l’interprofession de la filière bois de la région. 

25 000 m3 à récolter

Des routes à ouvrir, une profession à structurer, nombreux sont les challenges qui attendent encore la filière bois d’Île-de-France. En fin de colloque, la signature d’une convention entre l'AEV et l'Office national des forêts marquait la volonté d’avancer dans cette direction. Objectif, atteindre 25 000 m3 de récolte de bois des forêts régionales d’Île-de-France en 2016. Avec une stratégie forestière régionale en cours de rédaction, nul doute que les stères issues de Ferrières, de Rosny ou Bréviande n’ont pas fini d’alimenter les foyers de certains franciliens, avec un chauffage totalement « made in Île-de-France ». Et si les possibilités de la forêt francilienne ne sont pas encore exploitées à plein, son fabuleux capital ne devrait pas rester longtemps assoupi : d’ici septembre 2014, un contrat devrait être signé pour fédérer amont et aval de la filière. De quoi imaginer de nouvelles pistes pour dynamiser la chaine... Le décor est planté, portera-t-il ses grumes ?

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