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L’AEV part à la conquête de nouvelles terres agricoles en Île-de-France

09.12.13

Avec 1500 hectares de cultures happées chaque année par l’étalement urbain, l’agriculture souffre en territoire francilien. Depuis deux ans, l’AEV a donc lancé une vaste opération de reconquête des friches : du plateau de Saclay à la plaine de Cheptainville, 45 hectares de délaissés ont été arrachés aux broussailles pour être rendus au maïs et au blé.

 

C’est une réalité méconnue des Franciliens : chaque année, 1500 hectares de champs disparaissent de la carte en Île-de-France. Un phénomène contre lequel l’AEV lutte depuis déjà deux décennies pour sauvegarder blé, maïs et pâtures aux portes de Paris. En 2013, l’agriculture aura cependant gagné du terrain : des coteaux de l’Orge en passant par le plateau de Saclay ou les prairies de Ferrières-en-Brie, ce sont en tout 45 hectares de terres qui ont été sauvés de l’abandon et rendus aux agriculteurs franciliens. 

D’où viennent ces espaces rescapés ? Tout simplement de délaissés, qu’un programme de reconquête des friches, lancé il y a deux ans par l’AEV, a permis de réhabiliter. Hier couverts de broussailles, ils ont aujourd’hui retrouvé leur vocation agricole - au terme d’un travail de repérage long de deux ans ! Car sur les 13 000 hectares que gère l’AEV, rares sont finalement les parcelles en friches valorisables en agriculture : « Il ne suffit malheureusement pas de se pencher sur le cadastre pour les localiser, explique Benoit Lelaure, chargé de mission agriculture au sein de l'AEV. Quelques rares ensembles fonciers se présentent d’un seul tenant, mais la plupart des parcelles se trouve dans un état très morcelé. » Bref, une myriade de terrains disséminés aux quatre coins de la région… 

Dans ce vivier de terres, comment repérer le foncier exploitable ? L’AEV a tout d’abord demandé à une ingénieure agronome stagiaire, Maëlle Delabre, d’effectuer un recensement des friches, qu’elle a ensuite classées par catégorie. De cet inventaire ressort… « Une très grande hétérogénéité ! s’exclame Benoit Lelaure. Il est extrêmement difficile de parler d’une parcelle type ». Sur les soixante hectares de friches recensées dans le patrimoine géré par l’AEV, on trouve ainsi vingt hectares d’origine industrielle, qui proviennent de l’exploitation de carrières ou ont autrefois été utilisés comme zones de remblai, ainsi que quarante hectares d’anciennes terres agricoles. A ces 60 hectares s’ajoutent également des secteurs embroussaillés situés sous les lignes à haute tension, un cas de figure qui concerne 108 hectares sur les propriétés régionales ! Mais ce chiffre reste néanmoins à relativiser : « Beaucoup de parcelles n’étaient malheureusement pas valorisables aisément en raison de leur petite taille, à peine un hectare ! » Réparties en 133 ilots, certaines sont en effet à peine plus grandes qu’un mouchoir de poche, quelques dizaines de mètres carrés seulement, à peine l’équivalent d’un studio parisien !  

 

Bail au long cours

L’objectif a donc été de localiser des espaces à l’emprise assez grande pour intéresser un agriculteur : au final, cinq zones ont été choisies au fil de trois départements d’Île-de-France, des zones sur lesquelles l’AEV a ensuite lancé d’importants travaux de débroussaillage. La plus importante d’entre elles - 24 hectares ! - se situe à Magny-les-Hameaux, commune des Yvelines. Il y a à peine 30 ans s’y étendaient encore les horizons dorés des cultures céréalières… jusqu’à ce qu’une pépinière s’installe et ferme le plateau, dérobant aux promeneurs la vue sur le domaine de Port-Royal-des-Champs, remarquable monastère au cœur de la vallée de la Chevreuse. 

 

pepinieres-port-royal

 

 

Après l’abandon de ce site par la pépinière et  sa cession à  la région par l’intermédiaire de la safer, le déboisement a deux vertus ; redonner à ces étendues limoneuses leur vocation nourricière première, et retrouver le panorama initial sur la forêt. L’exploitation, en fin de cycle, n’était plus entretenue depuis déjà quelques années : des allées en proie au rumex, chardons et chiendents, des arbres à l’enracinement avancé, qui ne pouvaient plus être transplantés sans difficultés de reprise, voilà le tableau constitué par cette pépinière vieillissante. Lui rendre sa fertilité d’origine ne s’est pas fait sans mal : après l’abattage des arbres, broyés en plaquettes, et leur dessouchage, restait encore à effectuer tout le travail du sol  pour que des cultures puissent pousser sur le site. « De tels travaux sont toujours traumatisants pour l’écosystème en place, précise Benoit Lelaure, qui a chapeauté le projet. Pour cette raison, le bail proposé à l’agriculteur comporte également des clauses pour le respect de la biodiversité, une autre mission chère à l’AEV. » Rotation d’au moins deux cultures, maintien de deux hectares de surfaces enherbées, mise en place d’une haie naturelle avec la reprise d’un alignement déjà présent, des contraintes nécessaires pour que se restaure le milieu. 

Un challenge dont s’est volontiers emparé Daniel Colay, agriculteur céréalier à Magny-les-Hameaux, qui grâce à cette parcelle, va accroitre la taille de son exploitation d’environ 10%.  D’autant que la durée importante du bail, signé pour 18 ans, va lui permettre d’assumer le coût des éventuels travaux : « Il va falloir décompacter, niveler, mais surtout tester le drainage, explique-t-il. Les canalisations en poterie datent des années 1950 et nous n’avons absolument aucune idée de la façon dont elles vont réagir : si les réhabiliter coûte relativement cher, les garanties données par l’AEV vont nous permettre de penser sur le long terme, et d’étaler les investissements. » Maîtrise du foncier, durée du bail, deux raisons suffisantes, donc, pour que Daniel Colay conserve son optimisme : « Pour nous, agriculteurs, renchérit-il, ce sont deux signes forts de préservation, notamment car nous nous trouvons ici au sein d’un périmètre hypersensible,  en zone périurbaine.  Nous buttons sur la ville sans possibilité d’étendre nos activités : l’AEV, avec ce programme de reconversion de friches, préserve un vaste espace agricole tout en confortant l’activité des exploitants en place. »

 

saclay

 

Des mètres carrés précieux

Quittons les Yvelines pour gagner l’Essonne : comme Magny-les-Hameaux, le plateau de Saclay subit une pression urbaine forte. « Ses 2 900 hectares de surface agricole utile seront bientôt ramenés à 2 300, la conséquence d’un important programme d’aménagement » analyse Emmanuel Vandamme, céréalier bio sur le plateau. « Pour cette raison, laisser sur un tel site ne serait-ce que quelques mètres carrés de terre agricole se transformer en forêt serait un véritable gâchis, car il s’agit véritablement d’une ressource précieuse. » Ce sont ici trois hectares qui sont sauvés de l’abandon : « c’est une micro-parcelle encastrée dans la mienne, la seule voie d’accès passait par mes champs ou obligeait à traverser un boisement» confirme l’agriculteur. « Il y a encore deux ans, elle était cultivée par un maraîcher, mais les broussailles progressent très vite : encore un peu plus, et il y aurait eu de vrais arbres. » Jeunes saules et peupliers cèderont bientôt la place au maïs, une action qui permettra de pérenniser l’exploitation d’Emmanuel Vandamme - à l’image de celles d’encore trois autres agriculteurs en Île-de-France. 

Ainsi, à Cheptainville, en partenariat avec le réseau de transport d’électricité RTE, 5 hectares de friches situées sous des lignes à haute tension ont été remises en état. Aujourd’hui louées à un agriculteur, les prairies implantées profitent à l’élevage en contrebas. Dans l’Essonne, à Longpont-sur-Orge, 2,5 hectares vont être reconquis sur les coteaux, et agrandiront bientôt les cultures d’un maraîcher bio du voisinage. Enfin, en Seine-et-Marne, c’est en plein bois, au milieu des chênes et des châtaigniers de la forêt de Ferrières-en-Brie, que l’agriculture francilienne gagne douze hectares : un cas particulier puisque ces zones avaient été déboisées par l’AEV pour permettre aux visiteurs de profiter des vues sur la vallée… Bientôt, c’est un jeune agriculteur du département qui les cultivera. Si chaque site a son histoire, leur destinée, désormais, sera agraire.

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