La brigade équestre de l'AEV en forêt régionale de Bondy
La brigade équestre de l'AEV en forêt régionale de Bondy © Hellio - Van Ingen
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L'étang du Morillon sur la réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux © Hellio - Van Ingen
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Congrès RNF en Île-de-France : un partenariat sans… réserve !

09.12.13

Il flottait un petit parfum d’inédit dans les coulisses du 32ème congrès Réserves Naturelles de France, qui s’est tenu du 16 au 19 avril. Pour la première fois accueilli en terre francilienne, l’événement a permis d’aborder des thématiques peu habituelles pour les gestionnaires de réserves. En particulier, celle de l’accueil du public, gravée dans l’ADN de l’AEV, co-organisatrice de l’événement.

« Yo Brother, j’ai une gueule de dénaturé ? ». De bon matin, les participants au 32e congrès Réserves Naturelles de France n’ont pas dû en croire leurs yeux ni leurs oreilles. Face à eux, Abdel du Neuf-Trois déclame un rap atypique : il y est en effet tout autant question des clichés banlieusards habituels que de réserves naturelles et d’espèces protégées. Derrière ce masque de « MC » à tendance green, Julien Schwartz, un gestionnaire de réserve francilien, musicien à ses heures, qui à l’occasion de la traditionnelle ouverture « off » du congrès s’est amusé à provoquer ses confrères et ses consœurs… en particulier ceux que l’organisation du congrès en Île-de-France avait laissés dubitatifs. « Avec beaucoup de pêche et en musique, l’équipe organisatrice a détricoté les idées reçues que nous pouvions avoir sur la région. Ça a d’emblée donné le ton du congrès » apprécie, dans le public, Rosmaryn Staats, conservateur de la Réserve naturelle nationale de la Vallée d’Eyne, dans les Pyrénées-Orientales.

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Abdel du Neuf-Trois et le réseau des gestionnaires de réserves francilien
Crédit photo : Olivier Tostain

Question d’image

Car jusqu’aux champs de Louan, en Seine-et-Marne, où a eu lieu l’événement, la route a été longue et parfois semée d’embûches. Chaque année, le congrès de RNF rassemble plusieurs centaines de gestionnaires de réserves et de naturalistes dans une région différente. Or, jusqu’alors, l’association avait fait l’impasse sur l’Île-de-France. « Nous souffrons d’un véritable déficit d’image auprès de nos collègues des autres régions, déplore Claire Collomb-Dupuy, chargée de mission à l’Agence des espaces verts d’Île-de-France. Le malentendu repose, en premier lieu, sur le fait qu’il existe bel et bien des Réserves naturelles en Île-de-France ». Membre de RNF, l’AEV s’implique, particulièrement depuis 2011, au sein de l’association. Une rencontre déterminante va faire office de catalyseur : celle de Jean-Philippe Grillet. Sollicité en avril 2012, en sa qualité de Directeur de l’association RNF, pour compléter le jury du concours de maîtrise d’œuvre organisé autour de l’aménagement du Grand Voyeux, devenue onzième Réserve naturelle régionale d’Île-de-France et cinquième RNR gérée par l’AEV, il est d’emblée séduit par la qualité des échanges. Il ne compte pas en rester là et lance un défi aux équipes de l’agence : « Pourquoi la région Île-de-France n’organiserait-elle pas le Congrès des Réserves naturelles de France ? ».

Des réticences à l’évidence

Côté AEV, la proposition séduit : « RNF est une structure importante dans le milieu des naturalistes et des gestionnaires de réserves. Pour nous, oui, c’était un beau défi de prouver à ce public que l’Île-de-France avait des choses à montrer, se souvient Claire Collomb-Dupuy. Par ailleurs, le réseau des Réserves naturelles est assez nouveau dans la région. L’AEV est gestionnaire de cinq réserves mais concrètement, il n’y avait pas de synergies, de projets en commun avec les autres gestionnaires de réserves franciliens ». Se faire connaître et trouver une façon de travailler en réseau : deux arguments en faveur de la co-organisation du congrès. Restait à définir son thème et à convaincre les équipes de RNF. « Dans la région française où la concentration humaine est la plus importante, mais où, paradoxalement, la nature est très présente, nous pressentions, avec Eric Goulouzelle, le Directeur général adjoint de l’AEV, que le thème Homme/Nature était le bon », se remémore Jean-Philippe Grillet. Du côté du conseil d’administration de RNF, la validation se fait attendre. « Le titre du Congrès, « L’homme, meilleur ennemi de la nature ? Accueillir sans dénaturer » et le visuel choisi, assez brutal, d’un sécateur bourgeonnant, sonnait comme une vraie provocation » poursuit Jean-Philippe Grillet. Une réaction qui ne surprend pas Claire Collomb-Dupuy, à l’AEV : « Quelques gestionnaires prônent une protection de la nature où l’homme n’a que peu de place, sous prétexte qu’il en prend beaucoup trop ailleurs ; or les trois objectifs, lorsque l’on classe une réserve, sont de protéger, gérer et… sensibiliser ». Les équipes de l’AEV tiennent bon : thème et visuel sont finalement retenus et le fameux rap (« Ouais, mais ces te-plan, ces stiole-bés, c’est comme si elles étaient mises sous cloche ? », s’interroge Abdel), suivi du discours du président de l’AEV, dissipent réticences et malentendus de part et d’autres tout en posant le débat.

Sur le terrain, des déclics

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La Réserve naturelle régionale des Bruyères de Sainte-Assise (77)

Au fil de la semaine, dans un climat convivial, se succèdent assemblée générale, commissions, ateliers et autres visites de site. « Pour ces dernières, nous ne nous sommes pas limités aux réserves gérées par l’AEV, précise Claire Collomb-Dupuy. Cela aurait été contradictoire avec notre volonté de fédérer le réseau des partenaires franciliens ». Parmi les sorties naturalistes proposées, des visites de la Réserve nationale de la Bassée, des réserves biologiques forestières de Fontainebleau, ou encore de la Réserve naturelle régionale des Bruyères de Sainte-Assise (gérée par l’AEV). « Les gestionnaires de réserves franciliens s’étaient vraiment donné du mal pour préparer l’événement, souligne Jean-Philippe Grillet. Ils ont mobilisé des gens très compétents pour accompagner les visites ». Ces moments de partage sur le terrain sont particulièrement appréciés des congressistes, car ils touchent à leur action quotidienne. Charlotte Meunier, chargée de mission Natura 2000 au sein du Syndicat de Gestion des Gorges de l’Ardèche, ressort enthousiaste de sa visite au cœur de l’Espace naturel de Champmorin. « On a vraiment pu dialoguer entre professionnels, notamment sur les modes d’action, dans un contexte de conservation de la nature très différent de ce que je rencontre en Ardèche, puisqu’il s’agit d’une ancienne carrière alluvionnaire ».

Un casting très ouvert

Moments forts du congrès, les deux plénières ont été placées sous le signe d’une grande ouverture, au niveau des thèmes abordés comme des personnalités invitées, à l’image de Clara Therville, une chercheuse, soutenue par RNF, venue présenter sa thèse consacrée aux facteurs d’appropriation d’une réserve naturelle à l’échelle d’un territoire. « Avec Eric Goulouzelle, nous avons voulu convier des intervenants à cheval sur plusieurs mondes », justifie Jean-Philippe Grillet. « C’est un peu facile de rester uniquement avec ses amis. L’AEV, un organisme très différent des autres gestionnaires dans sa structure, ses conceptions comme dans ses actions, nous a permis de nous ouvrir à des personnalités très différentes ». La dernière plénière en est l’illustration la plus marquante. Autour de la table, un philosophe, Alain Cugno, une sociologue, Anne-Caroline Prévot-Julliard, spécialisée dans la relation entre l’homme et la nature, ou encore François Letourneux, président de la Fête de la Nature. Au programme de cette table ronde animée par Eliane Patriarca, journaliste spécialiste des questions environnementales à Libération : la thématique centrale du congrès, qui avait fait débat avant même que celui-ci ne débute, « L’homme, meilleur ennemi de la nature ». Au cœur des discussions enrichies par cette interdisciplinarité, la place de l’homme dans la nature, les problématiques d’accueil du public dans des espaces protégés et fragiles, ou encore la nécessité de le sensibiliser, dès le plus jeune âge, le public, par le biais d’une éducation en contact direct avec l’environnement. Un combat particulièrement exacerbé en Île-de-France, région la plus peuplée de l’Hexagone.

Un public au cœur des débats

« C’est positif d’aller vers plus de vision partagée, plus de transversalité pour aborder les sociétés humaines et leur rapports aux espaces naturels », estime Rosmaryn Staats, membre attentif et actif du public. « Mais parfois un peu trop cartésien ». Un dispositif interactif vient pimenter les échanges : des boîtiers sont mis à disposition des congressistes, leur permettant d’envoyer des messages diffusés sur grand écran afin d’interpeller les invités de la table ronde. Un système inauguré lors du congrès « Agriculture périurbaine » de l’AEV, en octobre dernier. « Face à un débat parfois très concret, le public s’est rendu compte qu’il était à sa portée d’intervenir sans nécessairement prendre la parole, constate Claire Collomb-Dupuy. Au cours de la table ronde, les messages les plus philosophiques sont paradoxalement venus de la salle ». Réactions décalées ou empreintes d’humour se sont succédé à l’écran, prenant parfois le contrepied des intervenants de la table ronde, qui a clôturé, le vendredi soir, le congrès.

Un bilan positif

Parmi les points positifs soulignés par les congressistes interrogés après la fin du congrès, la convivialité, la qualité des échanges et une organisation « bien huilée » : 95% des participants ont estimé l’accueil supérieur à celui du congrès 2012. « Les choses se sont passés de manière fluide, apprécie Jean-Philippe Grillet. Nous avons eu à faire, côté AEV, à des gens très professionnels. J’ai notamment été surpris du temps, de l’énergie et du budget consacré à la communication : l’AEV a financé près du tiers du budget total du congrès, sans compter la somme allouée à la communication ». Un vrai déclic pour le directeur de RNF : « Cette rencontre a été très féconde pour nous ; l’AEV nous a apporté une réelle ouverture, et c’est d’autant plus important pour nous que nous aurons de plus en plus à travailler avec des collectivités locales ». Côté AEV, la satisfaction est partagée. « Nous avons atteint l’objectif de montrer qu’il y a, d’une part, de la nature en Île-de-France et, d’autre part, que le métier de gestionnaire recouvre des réalités très diverses, se félicite Claire Collomb-Dupuy. Nous avons vraiment pu nous rapprocher des autres gestionnaires de réserve franciliens ». Des liens qui ne resteront pas lettre morte : « La Région Île-de-France a compris qu’il s’était passé quelque chose, et a demandé à RNF s’il était possible de l’appuyer dans sa mission d’animation du réseau des gestionnaires, poursuit la chargée de mission à l’AEV. Pourquoi ne pas créer, par exemple, un forum des gestionnaires d’Île-de-France afin d’officialiser cette vie de réseau ? ». Une journée du réseau des gestionnaires des réserves naturelles franciliennes est d’ores et déjà programmée fin novembre. Comme le rappait Abdel en début de congrès : « C’est vrai, faut d’tout pour faire un monde, d’la diversité, du lien à recréer / Pour faire sauter les préjugés, y’a du boulot pour se connecter / Ouais, y faut de tout pour faire un monde, même de la biodiversité / Y a du boulot pour s’connecter, mais sûr qu’on va y arriver ! ».


Nous vous invitons à découvrir les moments forts du débat de clôture intitulé « L’Homme, meilleur ennemi de la nature ? Accueillir sans dénaturer » en cliquant ici.

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