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La brigade équestre de l'AEV en forêt régionale de Bondy © Hellio - Van Ingen
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L'étang du Morillon sur la réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux © Hellio - Van Ingen
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Agriculteurs vs. Urbains : un colloque contre les idées reçues

09.12.13
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Le 20 novembre dernier, des acteurs venus de différents horizons, agriculteurs, urbanistes ou représentants de la grande distribution, ont échangé sur le thème de l’agriculture péri-urbaine, lors d’une journée de tables rondes et de face-à-face participatifs. L’occasion de dépasser les idées reçues et d’ouvrir le(s) débat(s) en toute sérénité.

L’Île-de-France est une grande terre agricole : une réalité qu’il est bon de rappeler, tant elle semble méconnue des citadins. Aujourd’hui, ce sont 49% du territoire régional qui sont consacrés aux activités agricoles. Cependant, chaque année, 1200 hectares disparaissent au profit d’une urbanisation croissante. Dans ce contexte préoccupant, l’Agence des espaces verts d’Ile-de-France, impliquée depuis les années 90 dans la protection des terres agricoles péri-urbaines, a naturellement choisi, pour son colloque 2012, le thème « Agriculteurs Vs. Urbains : le face-à-face ». Un mot d’ordre à la tonalité légèrement provocatrice, pour mieux susciter les débats.

L’ouverture à l’ordre du jour

L’objectif principal de cette journée du 20 novembre était de rassembler, au cœur du Centre National de la Danse de Pantin, des populations peu habituées à dialoguer ensemble : agriculteurs, mais également acteurs de l’urbanisme et de la grande distribution et de l’environnement. Cette ouverture s’est également traduite par un choix de thématiques dépassant souvent le domaine de compétences de l’agence. Il s’agissait avant tout de battre en brèche les nombreuses idées reçues de part et d’autre, et de mieux connaître le positionnement de chaque intervenant sur de grandes questions définies en amont par la direction de l’agence. « Nous avions envie de créer les conditions à la mise en place d’un réel débat entre acteurs campant souvent sur leurs positions », résume Benoît Lelaure, chargé de mission agriculture à l’AEV, qui avait pour mission de préciser chacun des thèmes du colloque.

Des idées reçues à dépasser

colloque-aev-debat-lightAux yeux des citadins, les agriculteurs ont parfois une image de pollueurs vivant des primes ; les céréaliers étant particulièrement montrés du doigt. Inversement, aux yeux des agriculteurs, les urbains sont perçus comme des idéalistes écolos déconnectés des réalités techniques et économiques de l’agriculture. « Il faut que la profession agricole entende et respecte ce qu’expriment les citadins même si certaines demandes peuvent paraître utopiques. Ils ne peuvent pas tourner le dos à la demande de la société, notamment sur la question du bio qu’ils semblent parfois dénigrer, mais il faut aussi que les citadins comprennent le contexte socio-économique dans lequel évolue l’agriculteur et respectent ses choix d’entrepreneur  », analyse Benoît Lelaure. Bien qu’agissant principalement sur la question foncière, l’AEV ne pouvait donc pas faire l’impasse sur d’autres questions brûlantes, comme celles de l’environnement ou de l’urbanisme, ni sur l’image des agriculteurs et leurs relations avec la grande distribution. Tous ces thèmes ont été tour à tour abordés au fil de la journée du 20 novembre.

Des débats interactifs

La forme même du colloque, inédite, a permis de faciliter le dialogue entre les différents participants. D’abord soumises au vote du public, muni de boîtiers interactifs, les cinq grandes thématiques ont ensuite été discutées tantôt autour de tables rondes, tantôt lors de face-à-face, animés par Hervé Plagnol, directeur des rédactions de l’agence Agra Presse. Peu de discours, beaucoup de débats, durant lesquels les membres de l’audience pouvaient intervenir via l’envoi de SMS modérés par l’équipe de l’AEV, puis relayés aux animateurs. Un format innovant qui a permis de rentrer plus rapidement dans le vif du sujet, notamment quand le public s’est révélé fortement mobilisé. Lorsque la salle, à plus de 91%, a répondu par l’affirmative à la question « La grande distribution dicte-t-elle sa loi aux agriculteurs ? », le représentant d’une grande enseigne a été d’autant plus motivé à défendre son travail, en évoquant les filières cherchant à valoriser les produits locaux ou à travailler en direct avec les producteurs. « C’était très vivant, se félicite Benoît Lelaure. Les face-à-face se sont notamment révélés fructueux ».

Accords et désaccords

Les débats ont été particulièrement tranchés autour des questions environnementales, notamment lors du face-à-face entre Michel Riottot, président d’Ile-de-France Environnement, et Damien Greffin, agriculteur et président de la FRSEA Ile-de-France. D’un côté de la table, les difficultés de captage des eaux en Ile-de-France ont été soulignées. De l’autre, l’impact négatif de l’étalement urbain et des mesures environnementales nombreuses et contraignantes sur la compétitivité des agriculteurs a été dénoncé. Une confrontation aussi saine que nécessaire, d’autant que l’environnement est au coeur du grand malentendu entre urbains et ruraux. Cette « rupture » a d’ailleurs fait l’objet d’une table ronde ; pour l’universitaire Monique Poulot-Moreau, professeure de géographie à Paris-Ouest Nanterre - La Défense, « le lien des citadins avec la campagne est coupé depuis trois générations ». Des pistes pour renouer le dialogue ont été évoquées, comme les activités de jardinerie et de maraîchage au sein des villes, la valorisation des produits de qualité d’Ile-de-France, et la nécessité de dépasser les idées reçues autour de l’agriculture conventionnelle, qu’une agricultrice, Isabelle Desforges, a défendue comme n’étant « pas moins vertueuse que certaines productions dites ‘biologiques’ ». Au quotidien, l’AEV travaille également à améliorer la communication entre les mondes ruraux et urbains, notamment par le biais d’un programme de formation des plus jeunes. « L’agence est depuis longtemps présente dans les écoles pour expliquer la nature aux enfants, rappelle Benoît Lelaure. Nous avons élargi ce programme en formant les enfants à la prise en compte et à la connaissance de l’agriculture près de chez eux. ». Dans cette logique, un numéro spécial du « Petit Quotidien », journal d’informations bien connu des plus jeunes, a été édité en marge du colloque et distribué à ses participants. « Cela montre aussi au monde agricole qu’ils ne sont pas les seuls à défendre leur profession. », conclut Benoît Lelaure.

La ville, jusqu’où ?

Au cours de ce débat sur les liens entre citadins et agriculteurs, la forme même des villes a été remise en question. Chantal Colin, première adjointe au maire d’Argenteuil, a notamment évoqué la nécessité, pour le tissu urbain, « d’être à la fois dense et vide ». Or, l’Agence des espaces verts d’Ile de France travaille aux cotés des élus locaux pour une meilleure prise en compte des espaces agricoles et naturels dans les documents d’urbanisme, SCOT (Schéma de Cohérence Territoriale) ou SDRIF (Schéma Directeur de la Région Île-de-France). Au niveau des PLU (Plans Locaux d’Urbanisme), la politique de zonage montre ses limites. Coline Perrin, chargée de recherche en géographie à l’INRA, a rappelé au cours d’un débat sur la maîtrise foncière publique qu’il s’agissait « d’une prérogative du maire, sous la pression d’électeurs tentés de valoriser leur propre patrimoine foncier ». Tout l’enjeu est de faire comprendre aux élus qu’il y a autant d’intérêt à conserver, sur leur commune, des espaces non urbanisés, de respiration et de production alimentaire, que de construire des lotissements. Une thématique plus longuement débattue en fin de journée, lors d’un face-à-face entre un agriculteur, Christophe Hillairet, également président de la Chambre d’agriculture interdépartementale d’Ile-de-France, et un architecte-urbaniste, Michel Cantal-Dupart. Densifier la ville dans ses limites actuelles, travailler à la reconquête des terrains sur ses lisières, pourquoi pas en dépolluant les friches industrielles pour les transformer en espaces agricoles : des ambitions partagées par les deux intervenants, bien que le manque de volonté politique ait été une nouvelle fois dénoncé côté agriculteurs. Il a été rappelé, à cette occasion, que 70% des surfaces agricoles d’Ile de France n’étaient pas la propriété des agriculteurs.

Le foncier en fil rouge


colloque-aev-auditoire-lightMission centrale de l’Agence des espaces verts d’Ile-de-France, la question foncière était l’un des fils rouges de la journée du 20 novembre. « Nous menons beaucoup d’actions en Ile-de-France en faveur du maintien de certaines fermes qui, sans notre intervention, auraient disparu », rappelle Benoît Lelaure. L’AEV exerce un travail de veille sur 17000 Ha de terres agricoles essentiellement situées dans la « ceinture verte », entre 10 et 30 km de Paris. Elles sont particulièrement fragilisées par la spéculation foncière, exercée tantôt par des promoteurs, tantôt par des particuliers qui peuvent déstructurer, par mitage, les territoires agricoles. « Avec la SAFER, nous pouvons préempter une vente et réviser les prix pour qu’ils n’arrivent à des niveaux en déconnexion complète avec la production agricole », conclut Benoît Lelaure. Dans ce cadre, l’AEV a aujourd’hui acquis 2000 hectares de terres agricoles, louées à de jeunes agriculteurs bénéficiant de baux de 18 ans, ce qui leur permet d’avoir une véritable visibilité sur leur carrière.

Vers l’apaisement ?

Au fil des discussions, consensus et dissensions se sont donc fait jour. « Il y a eu unanimité globale sur l’importance de maintenir, en Ile-de-France, une agriculture vivante et de proximité par rapport à la ville ou de favoriser les produits régionaux. Il était nécessaire d’afficher ces consensus pour mieux avancer », estime Benoît Lelaure, avant de conclure : « C’est un premier pas. C’est une série d’événements comme celui-ci qui permettront de faire bouger les lignes ».

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