La brigade équestre de l'AEV en forêt régionale de Bondy
La brigade équestre de l'AEV en forêt régionale de Bondy © Hellio - Van Ingen
L'étang du Morillon sur la réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux
L'étang du Morillon sur la réserve naturelle régionale du Grand-Voyeux © Hellio - Van Ingen
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Place à l’agriculture en Île-de-France !

09.12.13

Lors de son congrès de décembre dernier, la Société d’aménagement foncier et d’établissement rural (SAFER), s’est félicitée de son partenariat avec l’Agence des espaces verts (AEV). L’occasion de rappeler les enjeux territoriaux, économiques et culturels d’une collaboration exemplaire au service d’une agriculture périurbaine durable.

Protéger les espaces naturels d’Île-de-France des pressions urbaines est une affaire complexe et pourtant nécessaire à l’équilibre du territoire francilien.
D’un côté, une consommation d’espace croissante (logements, équipements, zones d’activités économiques…), générant parfois une pollution des sols ou des morcellements d’îlots agricoles. Sans oublier l’explosion du prix des terrains et les spéculations afférentes. Tous les ans, 2000 hectares seraient ainsi vendus à des prix incompatibles avec le maintien d’exploitations agricoles classiques.

D’un autre, les défenseurs d’espaces naturels périurbains, notamment ses plus anciens et opiniâtres représentants : l’AEV et la SAFER (voir encadré), respectivement créées en 1976 et 1960.

« Les espaces forestiers font déjà l’objet d’une protection forte, explique Benoit Lelaure, chargé de mission agriculture au sein de l’AEV. Ainsi, l’Île-de-France dispose, dans la ceinture verte, de forêts publiques relativement étendues. Ce n’est pas le cas des espaces agricoles, globalement peu protégés par les documents d’urbanisme courants, et souvent en première ligne dans les projets d’urbanisation. Face à cela, la SAFER et l’AEV se sont organisées dès 1990 pour éviter le phénomène de mitage et maintenir des poches agricoles. Car ces espaces sont essentiels à l’équilibre régional, d’un point du vue environnemental, économique et paysager ».


D’un point de vue environnemental et paysager, le maintien de terres agricoles participe à la conservation d’espaces ouverts - quand la ville et la forêt ne produisent que des espaces fermés - et à la préservation de la biodiversité. D’un point de vue économique, il rend possible le développement des circuits courts, d’autant que les terres franciliennes, dont les sols sont d’excellente qualité, ont les rendements les plus élevés d’Europe.

Les enjeux d’une convention

Pour gagner en efficacité et en cohérence, les deux partenaires se sont donc entendus à travers une première convention relative, à l’époque, au seul secteur de Saclay (91). L’objectif : organiser la préservation et la mise en valeur des espaces agricoles stratégiques. Depuis 2000, cette action commune est étendue à tous les périmètres d’intervention de l’AEV.
Comment ? Par des interventions foncières couramment développées par l’AEV au sein des PRIF1. Ces PRIF désignent des espaces (agricoles, boisés ou naturels) co-définis avec les collectivités locales concernées, au sein desquels l’AEV effectue des acquisitions foncières puis des aménagements. Principalement situés en ceinture verte2, ils sont définis à l’échelle communale avec un niveau de détail allant jusqu’à la parcelle.

Acheter, louer, installer et accompagner les jeunes agriculteurs

Le partenariat prévoit notamment que la SAFER opère pour le compte de l’AEV, sur les PRIF « agricoles », une prospection ou une veille foncière à l’égard des ventes ou cessions de terrains agricoles. « Quand un terrain est à vendre par exemple, la SAFER en est informée par les déclarations d’intention d’aliéner des notaires. Dès lors, elle nous le fait savoir. Dans certains cas, nous pouvons demander à la SAFER de préempter et de nous le rétrocéder. Charge à nous ensuite de le louer, pour des prix raisonnables, à des candidats agriculteurs, jeunes si possible, souvent maraîchers, de préférence bio, mais pas uniquement. » commente Benoit Lelaure. Bien évidemment, l’AEV n’acquiert les terres agricoles que s’il y a une menace pour l’activité agricole (absence de succession, projet d’urbanisation…).


Les locataires sont sélectionnés de façon collégiale, entre l’AEV et la SAFER. Cette dernière qui compte nombre d’agriculteurs au sein de ses organes de décision, dispose d’une expertise solide et d’une bonne audience dans le monde agricole.
Autre point crucial du partenariat : définir les conditions de rétrocession des terrains acquis par la SAFER. « La SAFER peut acheter au même prix que le marché, ou demander une révision des prix pour stopper la spéculation. Néanmoins, la plupart du temps, les opérations se déroulent de façon amiable, commente Benoit Lelaure. L’idée est d’être au plus près du marché agricole, dans des montants en lien avec ce que la terre peut produire. En somme, la SAFER est notre opérateur foncier ».
Une fois le terrain acheté, il faut s’assurer qu’il sera correctement valorisé et exploité, dans le respect de pratiques durables et diversifiées.
La mission agriculture et le service foncier de l’AEV se chargent donc de proposer aux agriculteurs intéressés des baux à longs termes. Elle peut ensuite accompagner leur installation en mettant des bâtiments à disposition.

Montée en puissance de la mission agriculture au sein de l’AEV

Devenu un enjeu fort pour l’Île-de-France, le Conseil régional a défini un programme régional 2008-2012 en faveur de l’agriculture périurbaine. C’est dans ce cadre que s’inscrivent les actions menées par l’AEV. Désireuse de développer plus activement encore la place de l’agriculture périurbaine en Île-de-France, l’Agence s’est dotée de moyens humains supplémentaires pour mener plusieurs projets à bien. En plus de Benoit Lelaure, chargé de mission agriculture à plein temps recruté en février 2011, deux personnes ont rejoint ses équipes sous contrat à durée déterminée. De plus, un programme de sensibilisation à l’agriculture à destination des écoliers du primaire, baptisé Agriculteurs juniors a été lancé à la rentrée dernière.


Après de nombreuses réalisations avec la SAFER, notamment à Flins (78), Longpont-sur-Orge (91) ou Périgny-sur-Yerres (94), l’AEV vient de lui confier une étude avec la chambre d’agriculture, relative à l’avenir agricole du site du Mont Guichet (77). Objectif : redynamiser l’agriculture dans une poche agricole enclavée dans l’urbanisation.

 

Chiffres clés

2000 hectares agricoles acquis par l’AEV (sur un total de 13 000 hectares) pour un montant total d’environ 25 M€
L’AEV compte 100 agriculteurs locataires par bail rural à long terme
En 2010-2011, l’AEV et la SAFER ont permis d’installer 7 agriculteurs bio : 4 maraîchers, 2 éleveurs (volaille et bovins) et 1 céréalier sur 5 sites différents, pour un coût de 7 M€.
D’ici 2014, l’AEV espère créer ou étendre 9 PRIF à vocation agricole, soit la protection de près de 3000 hectares supplémentaires de terres périurbaines.

 

Qu'est-ce qu'une Safer ?

Une société anonyme, sans but lucratif, avec des missions d'intérêt général, sous tutelle des ministères de l’Agriculture et des Finances. Il en existe 26 en France, dont 3 dans les DOM.
Créées en 1960, elles comptent un millier de collaborateurs qui assurent trois missions :
• dynamiser l'agriculture et les espaces forestiers, favoriser l'installation des jeunes agriculteurs ;
• protéger l’environnement, les paysages et les ressources naturelles ;
• accompagner le développement de l’économie locale.
www.safer.fr

 

Interview d’Hervé Billet, Président de la SAFER

A quoi sert la SAFER ?
Protéger et dynamiser les territoires agricoles dans des secteurs où l’activité économique n’y parvient plus, notamment dans les zones dites sensibles. Il faut ainsi veiller à rendre possible une agriculture dynamique, y compris en lisière des villes, pour éviter des zones de déprise. Cela passe par des actions foncières et différentes études. Sans la SAFER, au regard de l’augmentation du prix du foncier, particulièrement en Île-de-France, peu de nouvelles installations agricoles émergeraient.

Pourquoi le partenariat avec l’AEV est-il important ?
Nous partageons des objectifs communs : maintenir ou développer l’agriculture périurbaine, dynamiser les territoires agricoles, aider les jeunes agriculteurs à s’installer. Rapprocher le monde agricole et les collectivités paraissait donc naturel pour travailler de façon coordonnée et cohérente.
C’était en tout cas le but de la première convention signée en 1990 par l’AEV et la SAFER : définir qui fait quoi, où, comment, avec quel financement... A l’époque, ce rapprochement a suscité des débats mais l’évolution des attentes de la société nous a donné raison.

Des projets emblématiques ?
Il y en beaucoup. Je pense notamment à celui de Périgny-sur-Yerres/Mandres-les-Roses dans le Val-de-Marne. Grâce au soutien de l’AEV, nous avons réussi à installer un maraîcher en plein cœur d’un ensemble très urbanisé. Aujourd’hui c’est une nouvelle génération qui s’y installe. Dans ce projet, nous avons porté le foncier ensemble, l’AEV a défini le territoire avec les collectivités et la SAFER s’est chargée de trouver le meilleur porteur du projet.
Il y a également les Mureaux, où l’AEV et la SAFER se sont battues ensemble contre le projet d’installation d’un circuit de Formule 1 sur un territoire sensible sur le plan environnemental. Aujourd’hui il y a un céréalier et deux maraîchers bio.

Cela permet-il une meilleure connaissance mutuelle ?
Chacun fait des pas dans le même sens, c’est une avancée réciproque. Nous avons le sentiment que le monde de la ville porte un nouveau regard sur l’agriculture. Quant au monde agricole, il comprend mieux les nouvelles attentes de la société urbaine en matière de production de proximité. Pendant des années, on a demandé aux agriculteurs de produire sans se soucier de la commercialisation. C’est peut être pratique mais le monde agricole s’y trouve souvent étranglé. Quant au consommateur, il ne retrouve pas dans son assiette la qualité attendue.
Plus que jamais, nous avons besoin d’une production agricole avec des circuits plus courts et plus directs. Sans compter que le consommateur apprécie de plus en plus, nous le voyons sur le terrain, de rencontrer physiquement celui qui produit.
La convention que nous renouvelons régulièrement avec l’AEV intègre ces nouveaux besoins, améliore entre nous la communication et les échanges.

 

PRIF : Périmètre Régional d’Intervention Foncière. Fin décembre 2011, l’AEV en comptait un total de 77, dont 26 à dominante agricole.

Entre 10 et 30 km de Paris.

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