Bouleau sur la réserve naturelle régionale de Moisson
Bouleau sur la réserve naturelle régionale de Moisson
Troncs coupés sur l'espace régional de Moisson
Troncs coupés sur l'espace régional de Moisson
Aubépine sur la réserve naturelle régionale de Moisson
Aubépine sur la réserve naturelle régionale de Moisson
Toile d'araignée et rosée
Toile d'araignée et rosée
Premières floraisons et rosée
Premières floraisons et rosée

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Moisson

Nichée dans une boucle de la Seine, la Réserve naturelle régionale de la Boucle de Moisson, composée essentiellement de landes, de pelouses et de bois, est préservée de toute urbanisation. Elle représente un patrimoine remarquable en Île-de-France, d’une diversité rare.

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La dernière boucle de Seine en Île-de-France

À 80 km en aval de Paris, la Seine fait une double-boucle entre Mantes et Bonnières. La première, au Nord-Ouest de Mantes-la-Jolie, est la boucle de Moisson. À l’intérieur de cette boucle, sur les communes de Moisson et Mousseaux-sur-Seine, la Réserve naturelle régionale de la Boucle de Moisson s’étend sur une surface d’environ 310 hectares. Dans cette vallée de la Seine, les reliefs sont érodés et la boucle de Moisson constitue un espace à part, difficilement accessible. Seule une route, la D124, la traverse. Cette situation permet une meilleure préservation du site. Aujourd’hui la boucle ressemble à une presqu’île, piquetée de boisements. Elle est confortée par les cheminements et les voies qui la contournent. Dans cette terre d’exception, seuls les piétons, les cyclistes et les cavaliers sont invités à circuler sur les chemins. À cet effet, un sentier de petite randonnée a été aménagé sur son périmètre. Il permet de découvrir ce site lumineux mais aussi de le préserver en se promenant uniquement sur les contours.

Du fief du seigneur de la Roche-Guyon aux carrières de sable

Le nom de la boucle de Moisson semble provenir de la végétation en place : Moisson, du latin muscus, désigne la mousse qui pousse sur les terres imprégnées d’eau. La situation du village en bord de Seine semble justifier un tel nom.
Ce sont donc ces terres humides et marécageuses que le seigneur de la Roche-Guyon fit siennes. Sa forteresse, bâtie dans la roche des falaises qui dominent la Seine, lui offrit une situation stratégique idéale.
Ce fief devient, au XVIIIe siècle, un territoire de choix pour la viticulture, l’activité phare de l’époque. D’autres productions se déploient, comme la culture de l’asperge et des noyers.
C’est vers 1750 que l’essentiel du massif forestier se constitue sur la boucle, face au château de la Roche-Guyon, sous l’impulsion des derniers seigneurs de Moisson, touchés alors par une crise viticole.
Le déclin de la viticulture se poursuit au XIXe siècle : les terres de la boucle de Moisson sont alors reconverties dans le maraîchage ainsi que dans les cultures fruitières.
La forêt, elle, est rachetée par une puissante famille industrielle. Elle connaît diverses utilisations à partir de cette époque. Les Lebaudy, premiers acheteurs, y installent leur usine de fabrication de ballons dirigeables. Mais avec la première Guerre mondiale, la production cesse, l’usine est démontée et cette plaine de la ballonnière n’est plus qu’une lande de genêts.
En 1947, la boucle de Moisson sert de site de rassemblement de la jeunesse scout : un « Jamborée » accueille près de 30 000 scouts et 300 000 visiteurs. Elle connaît dans le même temps une période d’aménagements lourds pour l’environnement : goudronnage de routes, mise en place d’un réseau d’électricité et d’eau, etc.
Vendu en 1949, le site de Moisson est alors déboisé avant d’être exploité par la Compagnie des Sablières de la Seine. Les gisements d’alluvions de la boucle alimentent en matériaux le bassin de Paris. En 1992, la Région acquiert le domaine.

Une double certification …

Le territoire est classé Natura 2000, illustrant sa reconnaissance à l’échelle européenne. Et du fait de sa grande valeur floristique, faunistique et géologique, la boucle de Moisson a également été classée Réserve naturelle régionale en 2009. Le site présente en effet un intérêt exceptionnel pour la région, qui se caractérise par la présence d’habitats et d’espèces rarissimes et à très forte valeur patrimoniale en Île-de-France.

… pour préserver une biodiversité rare

L’intérêt zoologique majeur de la réserve est la diversité exceptionnelle de sa faune : 109 espèces d’oiseaux ont été recensées, dont 59 nicheuses et 16 espèces remarquables à l’échelle francilienne.
Parmi elles, on trouve l’Alouette lulu, le Tarier des prés et l'Oedicnème criard. Reconnaissable à son cri crépusculaire, il arrive dans la région à la fin du mois de février pour repartir migrer vers les péninsules ibériques et l’Afrique du Nord en octobre. A Moisson, il apprécie tout particulièrement les milieux perturbés rocailleux, à l’image des steppes africaines.
Landes, baies et bois abritent également nombre de ses congénères comme l’Engoulevent d’Europe, le Torcol fourmilier et le Pic noir.
Moisson abrite également 218 espèces de papillons comme le Demi-deuil ou la Mélitée du Mélampre.
D’autres espèces s’y abritent, comme le synuque des bois, la mante religieuse, le grillon d’Italie ou encore la vipère péliade.
Quant à la valeur floristique du site, elle provient d’un ensemble d’espèces végétales rares. Les pelouses de thym et de sedum, exceptionnelles en région Île-de-France, possèdent un cortège rare d’espèces floristiques à l’échelle du Bassin parisien. Elles occupent pour partie des sols remaniés.
Moisson se caractérise également par la présence de pelouses sablonneuses, qui abritent la rarissime laîche des sables. Enfin, dans sa Chênaie pousse le Chêne tauzin, espèce méridionale réputée.

 

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